Régimes spéciaux : une nouvelle grève à la SNCF ?

Publié le par zuzu

jeudi 6 décembre 2007 (13h51) :
Régimes spéciaux : une nouvelle grève à la SNCF ?

Cinq syndicats envisagent d’appeler à la grève le 12 décembre prochain pour peser dans les négociations sur la réforme.

Les fédérations de cheminots se réunissent, jeudi 6 décembre, pour faire un "point d’étape" sur les négociations en cours portant sur la réforme du régime de retraite. A la mi-journée, 5 syndicats envisageaient d’appeler à la grève le 12 décembre, a annoncé la CFDT qui n’a pas encore pris de décision.

"La discussion tourne autour de la proposition de la CGT d’un mouvement de grève ’carré’ (de 24 heures) du mardi 11 décembre au soir au jeudi 13 à 8 heures", a déclaré Dominique Aubry (CFDT-cheminots) après deux heures et demie de réunion. Quatre syndicat ont suivi la CGT, première force syndicale : FO, l’Unsa, la CFTC et la CFE-CGC. Pour l’instant, la CFDT "est sous le coup de (son) préavis (de grève de 59 minutes) pour le 20 décembre, aussi je dois demander mandat pour m’aligner sur la proposition des autres syndicats", a indiqué le syndicaliste.

La CFDT reconnaît les "avancées" de la direction de la SNCF, mais "nous demandons des réponses claires et un effort de la part du gouvernement". "Les braises (du conflit) sont encore chaudes et le feu peut repartir", a averti son représentant.

Sud-Rail exclu

Sud-Rail, 2e syndicat à la SNCF, dont une délégation a participé à la rencontre, s’est dit "exclu" du rendez-vous. "Dès le début, la CGT nous a demandé de quitter la salle, les autres syndicats ont acquiescé. Les préavis (d’arrêt de travail) que nous avons déposés mercredi et ce jeudi pour rendre compte des négociations auprès des agents les gênent", a affirmé Christian Mahieux, secrétaire fédéral Sud-Rail.

"Pour nous, le bilan des négociations est totalement négatif et nous venions pour voir ce qu’il était possible de faire le plus unitairement possible", a-t-il ajouté.

Sud-Rail est favorable au "respect des assemblées générales et de la démocratie", et penche pour "un nouveau mouvement reconductible". Dans l’après-midi, le syndicat a prévu de consulter ses représentants régionaux, en tenant compte toutefois de ce qui sortira de la réunion des autres syndicats.

Les cheminots attendent un geste de l’Etat

Après la direction de la SNCF, les cheminots avaient déclaré mercredi attendre un geste de l’Etat, l’appelant à faire des concessions. André Provensal, secrétaire national de la CFE-CGC, estime que les cheminots ont fait leur devoir en entérinant l’alignement de leur durée de cotisation sur celle de la Fonction publique (40 ans) et que la direction de la SNCF a de son côté proposé des "avancées non négligeables" sur la question des salaires, notamment la création d’un dixième échelon aboutissant à une revalorisation de 3,6% au 1er juillet 2008.

Le syndicat considère donc que le gouvernement, qui ne veut pas revenir sur le deuxième principe de la réforme, l’introduction d’une décote, pourrait se révéler flexible sur le troisième grand principe, l’indexation des pensions sur les prix. Il pourrait par exemple maintenir l’indexation sur les salaires jusqu’en 2012 au lieu de 2009.

Compromis sur les mesures salariales

Une réunion tripartite (Etat, direction, syndicats) s’est tenue mardi à la SNCF.

A cette occasion, le directeur des ressources humaines, François Nogué, a indiqué être arrivé à "un compromis sur les mesures salariales" avec les syndicats : "nous avons proposé des mesures pour débloquer la grille [de salaires] et pour un échelon d’ancienneté" supplémentaire.

En revanche, selon lui, "il n’y aura pas de régime additionnel de retraite car les syndicats l’ont refusé, préférant l’intégration des primes dans le salaire liquidable". Le compte épargne temps (CET) fera lui l’objet de discussions au premier trimestre 2008, tout comme la pénibilité.

Le coût pour l’entreprise de ces "mesures d’accompagnement" devrait être de l’ordre de 30 à 50 millions d’euros d’abord pour aller jusqu’à 80 millions d’euros à terme par an.

La Fgaac et la CFDT satisfaites

Avant la fin de la séance, seules la Fgaac (agents de conduite autonomes) et la CFDT avaient semblé rassurées par l’évolution de la négociation.

"Le gouvernement bloque totalement sur la décote", s’était ainsi plaint un membre de la délégation CGT lors d’une brève suspension de séance. Le secrétaire général CFTC, Alain Potier, avait déclaré de son côté que si la réunion "était très vivante, direction et représentants de l’Etat ne se rendaient pas compte qu’il y avait encore de la pression sur le terrain".

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