le gouvernement veut imposer une réforme de l’enseignement professionnel, qui réduira la durée de préparation du bac pro, de quatre à trois ans.

Publié le par zuzu

Pour faire des économies budgétaires, le gouvernement veut imposer une réforme de l’enseignement professionnel, qui réduira la durée de préparation du bac pro, de quatre à trois ans.

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Paris 1e mai 2007. Photothèque Rouge/JMB

Rompant avec les habitudes de communication tonitruantes du gouvernement, le ministre de l’Éducation, Xavier Darcos, a envoyé discrètement, le 29 octobre, une circulaire à tous les recteurs d’académies. Il y décide brutalement qu’à la rentrée de 2008, 25 % des élèves entrant en lycées professionnels (LP) devront être inscrits pour passer le bac pro en trois ans, au lieu de quatre actuellement. Ce cursus sur trois ans devra être généralisé à tous les bacs pro en 2009. Cette opération, en supprimant le BEP, fait disparaître 25 % du temps de formation des élèves des lycées (qui suivent actuellement deux ans de préparation au BEP, puis deux ans de préparation au bac pro).

 

Cette mesure est dépourvue de tout considérant pédagogique, puisque ces bacs pro en trois ans, là où ils ont été expérimentés, n’ont pas fait la preuve de leur efficacité. À l’inverse, un rapport de l’Inspection générale a révélé que cette formation ne pouvait convenir à tous les élèves. Les élèves des lycées professionnels cumulent souvent difficultés sociales et difficultés scolaires. Ils ont donc besoin de temps et de dispositifs spécifiques pour accéder à la fois à une formation professionnelle et à la culture générale. Une réduction d’un an de leur formation ouvrirait un processus qui s’en remettrait aux entreprises pour la formation professionnelle et considérerait que ces élèves n’ont besoin que d’une culture au rabais. Cette décision n’est pas exempte de mépris social.

 

Mais l’objectif réel est d’appliquer les 11 200 suppressions de postes dans l’Éducation nationale – dont 9 000 postes d’enseignants – décidées pour la rentrée 2008, ainsi que les milliers d’autres prévues pour les années suivantes. Le nombre de postes aux concours ne cesse de diminuer, les contractuels risquent d’être jetés à la rue du jour au lendemain, et les départs en retraite ne sont pas remplacés. Comme cela ne suffit pas, le gouvernement taille dans la formation des élèves. Les bacs pro en trois ans se traduiront par des conditions de travail dégradées pour les élèves et les enseignants, ainsi que par un nombre croissant de jeunes sortant sans diplôme. C’est une étape vers la fin des diplômes nationaux (le contenu des formations étant laissé à l’appréciation des équipes pédagogiques) et vers la place grandissante donnée à l’apprentissage dans la formation professionnelle.

 

C’est pourquoi, dans les académies, les réactions se construisent. À Nice, Bordeaux, Toulouse ou Nantes, des manifestations d’élèves et d’enseignants se sont déroulées, incitant les recteurs à la prudence. Mais les affaires sérieuses seront mises en route en janvier : le gouvernement devra alors aussi faire connaître ses projets de démantèlement des lycées généraux et technologiques. C’est maintenant que le rendez-vous se prépare.

 

 

Cathy Billard

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