Son Grand Paris et le nôtre

Publié le par zuzu

Parmi les grands axes de son prétendu « projet de civilisation », Sarkozy a évoqué la nécessité de création d’un Grand Paris. Il est bien évident qu’on ne peut artificiellement séparer Paris du reste de la région et les réponses politiques aux problèmes qui se posent ne doivent pas être envisagées du seul point de vue de la municipalité parisienne. Mais le Grand Paris de Sarkozy et le nôtre, ce n’est pas la même chose. Ce qui symbolise le Grand Paris à la sauce Sarkozy, c’est le projet d’enfouissement de la RN 13 qui traverse Neuilly, dont le coût pourrait avoisiner le milliard d’euros, soit le prix du tramway parisien du pont de Garigliano à la porte d’Italie ou de trois fois le viaduc de Millau. C’est la politique d’agglomération mise exclusivement au service du bien-être des habitants des communes les plus riches, alors même que depuis 2005 Sarkozy n’ose plus mettre les pieds dans les quartiers populaires. N’oublions pas que la politique affairiste de la droite depuis Giscard et Chirac a toujours visé à repousser les classes populaires et les ouvriers en dehors de Paris, tout en préservant les banlieues les plus riches à l’ouest. De ce point de vue, une politique d’un « Grand Paris » existe déjà puisque la municipalité gère, par le biais de l’OPAC, des logements sociaux situés en banlieue ! La droite est donc largement responsable des déséquilibres et des inégalités entre Paris et la banlieue, et entre les banlieues elles-mêmes : ce sont des problèmes sociaux et pas une simple question d’architecture comme tente de le faire croire Sarkozy. Nous ne souhaitons pas exonérer la gauche de ses responsabilités : la municipalité Delanoë a certes engagé plus de concertation qu’auparavant avec les communes de banlieue, mais sa politique est d’abord et avant tout pensée exclusivement pour les Parisiens en matière de transports (les contrats Vélib en sont l’exemple criant) ou de logements, là où il faudrait des réponses à plus grande échelle. Les transports publics doivent être gratuits et largement développés à l’échelle de l’agglomération. Paris doit prendre une part bien plus massive dans la construction de logements sociaux en concertation avec les communes de banlieue. Surtout, une politique du Grand Paris au service du plus grand nombre, des intérêts de la population d’Ile-de-France, ce serait assurer une redistribution massive entre les communes les plus riches et les plus défavorisées. C’est ce projet que porteront les listes soutenues par la LCR et Olivier Besancenot lors de ces élections municipales.
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