NI Traversée Centrale, NI Nouvelle Traversée des Pyrénées !

Publié le par zuzu

 

Communiqué de la LCR65 , prière d’insérer.

 

À l’occasion de la journée d’action menée dans les vallées d’Aure et du Lavedan, la LCR rappelle sa position sur ce sujet, et appelle la population à se joindre aux initiatives prévues le JEUDI 10 JANVIER.

 

Il n’a pas fallu attendre longtemps après l’élection présidentielle pour que le masque tombe : en prenant position pour la traversée centrale des Pyrénées (TCP), Sarkozy confirme qu’il est le représentant politique des patrons, du transport dans ce cas-là ! Or, il suffit de se poser quelques questions pour comprendre qu’il y a, derrière le projet, un choix de société.


On nous dit : mieux vaut le train que la route. C’est effectivement ce que nous pensons avec les populations alpines qui subissent un trafic de poids lourds insupportable. C’est également pour cette raison que nous avons soutenu les opposants au tunnel routier du Somport qui n’ont guère été entendus par les gouvernements d’aujourd’hui ou d’hier.

Commençons donc par soulager les deux extrémités de la chaîne pyrénéenne en développant les voies maritimes et ferrées et en les imposant au trafic qui ne fait que traverser la France (plus de la moitié du trafic terrestre actuel) plutôt que de réserver tous les fonds pour un tunnel au centre de la chaîne. D’autant que ce tunnel ne détournerait pas le trafic actuel et que le débouché de la voie ferrée, s’il était à Tarbes, se traduirait par une saturation de la plaine tarbaise par les poids lourds ! Ce tunnel serait, nous dit-on, indispensable pour absorber l’équivalent de ce qui transite actuellement aux deux bouts de la chaîne : un doublement du trafic de marchandises à travers les Pyrénées est annoncé comme inéluctable dans les vingt ans à venir !

 
Défendre et étendre le service public

De plus, quand nous jugeons le rail préférable à la route, c’est aussi en pensant au service public, à la SNCF. Nous connaissons les dégâts provoqués par la privatisation des chemins de fer britanniques. Cela n’a pas pour autant empêché les élus du PS au Parlement européen de voter une accélération de l’ouverture des transports ferrés à la concurrence. Est-ce le bon choix ? Nous ne le pensons pas.

Analysons enfin cet accroissement démesuré du trafic des marchandises. Est-il inéluctable ? Est-ce un progrès qui profite à l’ensemble de l’humanité ? Il apparaît, comme dans bien d’autres domaines, qu’il s’agit pour l’essentiel de renforcer la rentabilité du capital au détriment des travailleurs et des populations : il faut réduire les stocks, c’est du capital qui ne travaille pas, mais surtout organiser la circulation des marchandises entre des zones de production où la main-d’œuvre est surexploitée et les marchés solvables qui restent dans les métropoles capitalistes. Les conséquences sont le chômage dans nos pays et la misère dans les pays dominés mais aussi un environnement de plus en plus malmené. Dans cet ordre d’idées, quel est le plus probable : que des entreprises se délocalisant vers Tarbes ? ou que des entreprises tarbaises et régionales profitent du tunnel pour se délocaliser vers le Sud ?
Il est compréhensible que le débat autour de la TCP se focalise sur la défense des vallées et de l’environnement. Cependant, il s’agit, pour nous, de s’opposer à la TCP au nom d’une autre conception des transports, et de la société. En effet, aujourd’hui, la priorité va au tout-camion, et au tout-voiture, générant des coûts sociaux et environnementaux insupportables.

Le transport des marchandises s’est développé trois fois plus vite que la croissance de la production. Le capital financier exige des entreprises des rentabilités à deux chiffres, entraînant filialisations, délocalisations, flexibilité accrue de l’organisation de la production et extension de celle-ci à flux tendu avec le zéro stock qui est en fait un stockage externalisé dans les camions. Et les transports routiers sont responsables d’un tiers des émissions de gaz à effet de serre qui entraînent réchauffement de la planète et dérèglements climatiques.

Il faut arrêter cette folie !

C’est pourquoi nous soutenons le combat mené par les associations EPINE et ACTIVAL , dans le cadre d’une autre logique des transports, au service de l’humanité et non des intérêts de quelques-uns.

 Rendez vous dans les vallées, puis à la Prefecture de Tarbes à 15 heures 30.

Christian Zueras,
le 9 janvier 2008.

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