Spéculation contre pouvoir d’achat

Publié le par zuzu

Le prix du pétrole vient de franchir la barre des 100 dollars le baril. L’ensemble de l’économie mondiale est entré dans une phase de surchauffe, qui entraîne tous les prix à la hausse. Face à une forte demande, tous les capitalistes spéculent, provoquant une spirale inflationniste dont les salariés et la population paient la note.

 

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Photothèque Rouge/JMB

Alors que le prix de l’essence a augmenté de 14,7 % dans l’année, le fioul de 27,4 % et que de nouvelles hausses sont annoncées, le gouvernement se déclare impuissant face aux compagnies pétrolières comme Total et face aux distributeurs. La ministre des Finances, de l’Économie et de l’Emploi, Christine Lagarde, se borne à constater « que les prix d’un certain nombre de matières premières, notamment agricoles, continueront à augmenter », et elle accorde toute sa confiance aux distributeurs pour qu’ils respectent leur engagement à amortir les hausses du prix du pétrole. C’est à la même comédie qu’elle s’est livrée, en refusant à Gaz de France l’autorisation d’augmenter ses tarifs de 6 % pour finalement lui concéder 4 %… par souci « de préserver le pouvoir d’achat des consommateurs ».

Pour le gouvernement, comme pour nombre de prétendus économistes, la hausse des prix serait une fatalité, que ce soit celle de l’énergie ou celles annoncées dans l’agroalimentaire pour 2008 (au moins 10 % de plus pour la volaille ainsi que pour les conserves, de 5 à 10 % pour les produits laitiers, de 6 à 8 % pour la baguette de pain ou la bière, etc.).

Un rapport sur l’évolution des prix de 280 produits alimentaires, d’entretien ou d’hygiène les plus vendus en grande surface entre 2004 et 2007, publié en décembre dans Le Nouvel Observateur, montre que les prix ont augmenté en moyenne de 11 %, soit le double de l’inflation officiellement reconnue. Pour des produits de base, tels que les produits laitiers, les steaks hachés surgelés, l’huile, les pâtes, les biscuits ou les conserves, l’augmentation est bien plus forte.

Pour faire baisser les prix dans les grandes surfaces, le gouvernement a fait voter la loi Chatel, du nom du secrétaire d’État chargé de la Consommation et du Tourisme, qui s’intitule, – tout un programme – « la concurrence au service des consommateurs ». Elle donne encore plus de liberté aux grandes surfaces pour fixer leurs prix. La logique de la concurrence pousse, d’un côté, à abaisser toujours plus le coût du travail et, de l’autre, à augmenter les prix. Elle menace l’économie d’une brutale récession et, dès maintenant, elle impose une baisse du pouvoir d’achat dramatique pour les plus défavorisés.

Selon l’Insee, la hausse des prix n’aurait été que de 2,4 % ces douze derniers mois. Le mensonge est si gros que Sarkozy a demandé la mise en place d’un nouvel « indice du pouvoir d’achat qui corresponde enfin à la vie quotidienne des Français pour qu’ils aient le sentiment qu’on ne se moque pas d’eux ». Ne pas se moquer de la population, c’est d’abord augmenter les salaires, les minima sociaux et les pensions, et aussi lui donner les moyens de contrôler les industriels et les distributeurs, afin d’empêcher la folle concurrence inflationniste à laquelle ils se livrent.

 

 

 

Yvan Lemaitre

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