Culpabiliser les chômeurs

Publié le par zuzu

 

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Bordeaux, mars 2004. Photothèque Rouge/Meno

Parallèlement à la discussion sur la fusion ANPE-Unedic, qui a commencé le 9 janvier au Sénat, Sarkozy relance l’offensive sur la question des offres d’emplois « acceptables » et des sanctions pour les chômeurs qui en refuseraient deux. La première étape consiste à démontrer qu’il y a du travail et que ce sont les chômeurs qui ne veulent pas travailler.

L’argument central est la culpabilisation des chômeurs, en parlant de « 50 0000 offres d’emploi » non pourvues. En 2004, Fillon (déjà lui) avait parlé de 300 000 offres non pourvues. Dans l’étude faite à l’époque par l’ANPE, une partie de ces offres n’étaient pas pourvues car, tout simplement, elles avaient été retirées par l’employeur. Aujourd’hui, Sarkozy arrive au chiffre de 300 000 en multipliant le nombre d’offres non pourvues faute de candidats (170 000 selon le ministère) par trois, car l’ANPE ne traite qu’un tiers des offres. Il oublie aussi de préciser que ces fameuses offres concernent essentiellement des secteurs bien précis, aux conditions de travail notoirement difficiles, et il ne précise pas non plus les d’autres caractéristiques qui empêchent qu’elles soient comblées (temps partiel, salaire, etc.).

Après avoir fait la démonstration qu’il y avait du travail, la deuxième étape consiste à sanctionner les chômeurs qui refusent de le prendre. Le nombre de chômeurs sanctionnés est jugé encore trop faible, malgré le décret de 2005 qui permet de graduer les sanctions (20 %, 50 % ou suppression définitive de l’allocation chômage) et qui a permis de tripler le nombre de sanctions entre 2005 et 2006. Mais, pour aller plus loin, il reste a préciser ce qu’est une offre « acceptable ». Le code du travail en donne déjà une définition, mais encore trop large et donc trop subjective. Le but est de s’aligner sur six pays européens qui ont déjà précisé les critères (montant du salaire, frais de transport…).

Dans les négociations actuelles sur le marché du travail, le Medef propose de faire dépendre le caractère acceptable d’un emploi de l’ancienneté dans le chômage. Le nouvel organisme issu de la fusion sera chargé d’appliquer les sanctions en question. Les agents de l’Unedic ont fait grève (environ 55 %), mardi 8 janvier.

 

 

 

Lucas Maldini

 
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