RÉGIME GÉNÉRAL

Publié le par zuzu

Passer à la contre-offensive

Comme le prévoyait la loi Fillon de 2003, se produira en 2008 une nouvelle offensive du gouvernement contre le système des retraites.

Illustration manquante

 

Dans la loi elle-même, étaient inclus non seulement l’alignement de la durée de cotisation des salariés de la fonction publique sur celle du privé, à savoir 40 annuités, mais également l’allongement à partir de 2009 de cette durée de cotisation, cette fois pour tous les salariés, à raison d’un trimestre par an, pour atteindre 41 en 2012. Y figurait aussi une nouvelle évaluation de la situation en 2008, puis tous les quatre ans, à l’issue de quoi pourraient intervenir de nouveaux durcissements de la loi.

Le 31 décembre, en soirée, le ministre du Travail, Xavier Bertrand, a rendu public un rapport devant servir de base au « rendez-vous » de 2008. La situation financière des régimes de retraite y est décrite comme étant plus catastrophique que prévue en 2003, d’autant que le contexte économique et financier serait « moins favorable ». Le gouvernement, dans ce rapport, reprend à son compte les estimations du Conseil d’orientation des retraites (COR), qui se concluent, malgré un retournement de l’évolution démographique telle qu’elle avait été prévue en 2003, par l’allongement de la durée de cotisation à 41,5 ans en 2020. Le rapport préconise également le « réexamen » de différentes dispositions de 2003, qui avaient constitué à l’époque une compensation au passage des 37,5 ans à 40, quelques miettes en somme, dont les directions des confédérations syndicales avaient pris argument pour juger « négociable » une réforme qu’ils avaient d’ailleurs contribué à préparer en établissant au sein du COR un « consensus partagé ». Seraient ainsi remises en cause les dispositions de départ anticipé pour carrières longues, pour les salariés ayant commencé à travailler à 14, 15 ou 16 ans, de même que les conditions actuelles de rachat de trimestres de cotisation.

Il n’y a pas de limite à la volonté du gouvernement et du Medef d’aggraver les conditions du départ à la retraite, sinon celle de la suppression des régimes par répartition pour promouvoir un système par épargne, des fonds de pension dont l’objectif serait d’alimenter les flux financiers de la Bourse. La seule manière de stopper ce recul et d’empêcher que les jeunes d’aujourd’hui ne crèvent au travail une fois devenus vieux, c’est de préparer une contre-offensive de l’ensemble du monde du travail, pour un retour aux 37,5 ans pour toutes et tous.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article