PS-PCF: cris et chuchotements

Publié le par zuzu

Première victoireSarko fait « pschitt », profitons-en Cris et chuchotements

À quelques semaines du premier tour des élections municipales, les rapports entre le Parti socialiste et le Parti communiste s’avèrent empreints de la plus extrême tension.

 
Certes, ce 22 janvier, la réunion du comité de liaison réunissant les partenaires habituels des municipalités d’Union de la gauche se sera conclue par une déclaration de bonnes intentions, que François Hollande aura résumé en ces termes : « Désormais on a franchi une étape de confiance. » Sur le terrain, toutefois, on est très loin de cette ambiance digne des Bisounours.

En Seine-Saint-Denis, dans le Val-de-Marne, dans le Nord ou dans le Rhône, des fiefs communistes historiques se voient menacés du fait de la concurrence de listes socialistes. C’est le cas à La Courneuve, Pierrefitte, Aubervilliers, Bagnolet, Vitry, Denain ou Vaulx-en-Velin. Des litiges restent à ce jour non réglés à Tremblay-en-France ou Fontenay. Et si, toujours en Seine-Saint-Denis, la rue de Solferino a finalement renoncé à contester le PCF dans la ville dont Marie-George Buffet est la députée, Le Blanc-Mesnil, ou encore dans la communauté de communes de La Plaine (dont le président n’est autre que Patrick Braouezec, l’ancien maire de Saint-Denis), il vise à s’emparer, à la faveur des cantonales, de la majorité au conseil général du département. Un symbole s’il en est de la puissance qui fut celle des communistes dans la ceinture rouge de la capitale. Il est, à cet égard, à noter que l’offensive est ici conduite par Claude Bartolone, bras droit de Laurent Fabius, lequel ne cesse, contre ses rivaux présidentiables, de se référer à la stratégie d’Union de la gauche telle que François Mitterrand l’avait définie au congrès d’Épinay, en 1971. Il y a les discours en interne et les appétits électoraux en externe…

Dans le même temps, tandis qu’il signifie ses desseins hégémoniques à son ex-allié, l’état-major socialiste fait de la consultation de ce printemps un test pour une future ouverture au centre. Dans certaines communes, comme Dijon ou Montpellier, l’alliance est d’ores et déjà conclue, des représentants du Modem se trouvant sur les listes emmenées par des figures de premier plan du PS. Qu’officiellement, il s’agisse seulement de « personnalités », ne change évidemment rien au sens politique de l’opération. Ailleurs, les tractations vont bon train pour des accords de second tour avec le parti de François Bayrou. C’est le cas à Paris, où Bertrand Delanoë et Marielle de Sarnez multiplient les signes préparatoires à leur future entente, le maire de la capitale ne dissimulant plus que ses ambitions dépassent de loin sa reconduction à la mairie de la première ville de France, comme il vient de le déclarer au « Grand rendez-vous » Europe 1-TV 5-Le Monde : « Je constate une grande évolution du Modem et je veux être respectueux de cette évolution. »

Le plus souvent embarqué dans cette galère qui sape un peu plus ce qui lui reste d’identité, le Parti communiste ne pourra se dérober longtemps aux conclusions qu’il s’impose de tirer du changement en cours de la donne politique française.

 

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Photothèque Rouge/Esteban

Depuis des mois, le pouvoir d’achat et les salaires constituent la première préoccupation de l’ensemble de la population, devançant les questions d’emploi, de chômage, de retraite et de santé. Le candidat Sarkozy l’avait bien compris et il avait réussi à se faire passer pour le futur « président du pouvoir d’achat » avec son fameux slogan « travailler plus pour gagner plus ». Huit mois après sa victoire, son discours fait désormais « pschitt ». Peu de salariés croient encore en ses promesses, et nous sommes nombreux à avoir compris que sa politique consistait à donner aux riches, à prendre aux pauvres et qu’il était bel et bien le président du « pouvoir patronal ».

Aujourd’hui, les fins de mois des salariés, du privé comme du public, sont de plus en plus difficiles à boucler. Pour les chômeurs et les retraités, c’est encore pire. Avec la hausse des prix qui s’accélère, touchant en particulier les dépenses incontournables telles que les produits alimentaires, les transports, le chauffage, l’eau, le logement ou encore le gaz… La situation sociale s’aggrave, pour la majorité d’entre nous, et elle n’est pas prête de s’améliorer, bien au contraire. Comment faire face à ces augmentations, quand nos salaires stagnent depuis 1978 (selon les chiffres officiels de l’Insee) ? Comment faire face à ces augmentations quand on est au Smic, au RMI ou retraités ?

Alors qu’il est intarissable sur de nombreux sujets comme la religion, la civilisation, l’insécurité, l’immigration, Sarko 1er, depuis le début de l’année, est franchement peu causant sur les salaires et le pouvoir d’achat. Éviterait-il le sujet ? Lui qui nous avait promis d’agir, d’aller « chercher avec les dents la croissance », ne peut désormais rien faire ou pas grand-chose pour le pouvoir d’achat et nos salaires. On aurait même pu avoir les larmes aux yeux, quand il a annoncé que les caisses de l’État étaient vides et qu’il ne pouvait donner d’ordres à ses amis milliardaires et actionnaires. La seule proposition qui nous est donc faite, pour augmenter notre pouvoir d’achat, consiste à travailler plus et plus longtemps en nous taxant de plus en plus (franchises médicales, TVA « sociale »…).

La baisse du pouvoir d’achat, c’est le résultat de la baisse des salaires, de la généralisation de la précarité, des p’tits boulots et des temps partiels imposés – particulièrement aux femmes – dans la plupart des secteurs, y compris publics. Et ce ne sont certainement pas l’allongement de la durée légale du travail, la multiplication des heures supplémentaires, le travail du dimanche ou les primes d’intéressement qui amélioreront nos conditions de vie, bien au contraire. Pourtant, face à la baisse générale du pouvoir d’achat, il ne peut y avoir qu’une seule réponse possible. Mais celle-là, le gouvernement et le patronat n’y pensent même pas : c’est une augmentation générale des salaires ! 300 euros net tout de suite et aucun revenu en dessous de 1 500 euros net !

Les moyens pour y arriver ne manquent : en 25 ans, la part des salaires dans les richesses créées a baissé de 10 % – près de 170 milliards d’euros, passés annuellement des poches des salariés à celle des patrons ! En reprenant 170 milliards sur les profits, on pourrait augmenter l’ensemble des salaires. Il suffit de répartir les richesses autrement et de taxer les profits qui explosent. Augmenter les salaires, c’est une manière de reprendre une partie ce que les capitalistes nous volent à longueur d’année. Une augmentation des salaires, pensions et minima sociaux, de 300 euros net est pourtant possible. Mais, pour cela, il n’y aura « pas de miracles », il faudra faire payer les riches. C’est une question de répartition des richesses et de rapport de force.

Les salariés l’ont bien compris. Depuis des mois, les luttes et les mobilisations autour de la question des salaires s’amplifient et se développent. Que se soient les salariés d’Air France, de Darty, de Carrefour, de Téléperformance ou de la fonction publique, l’augmentation des salaires est au cœur de la résistance sociale, et elle est une question où les convergences sont possibles.

Encore une fois, les directions syndicales nous appellent en ordre dispersé : mardi 22 janvier, contre la réforme des régimes spéciaux, jeudi 24, pour les salariés du public contre les suppressions de postes et pour les salaires puis, début février, pour ceux du privé…

Pourtant, ce qui a fait la force du mouvement de cet automne, c’est la détermination des cheminots à se battre tous ensemble, c’est la jonction avec les autres salariés, le 18 octobre et le 20 novembre. Le mécontentement contre la politique de Sarkozy grandit. Les luttes pour les salaires ou pour l’emploi se développent. Ces résistances ne doivent pas être gâchées, dispersées. Au contraire, elles doivent converger vers un mouvement d’ensemble, seul capable de faire reculer le gouvernement et le Medef.

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