Refusons de faire les frais de la folie du capitalisme financier !

Publié le par zuzu

Un trader fou et zélé ou un escroc, il sera sûrement difficile de dire qui est Jérôme Kerviel, l'employé de la Société générale qui a perdu 4,9 milliards d'euros, tant il est vrai que le zèle et l'escroquerie ne font qu'un dans ces spéculations financières. D’autant qu’il sera sûrement bien difficile aussi de mettre à jour le jeu de la direction de la banque qui annonce, dans le même temps, la perte de plus de 2 milliards d'euros dans l’affaire des subprimes. La fraude du trader fait passer, voire dissimule, des pertes qui, elles, ne seraient pas frauduleuses, mais tout à fait normales, « honnêtes », le jeu et les risques des spéculations financières qui parasitent toute l'activité économique et sociale.

L'escroquerie globalisée

Dans cette affaire, le vrai problème est celui de la responsabilité de la Société générale, elle-même, plus largement du système financier et boursier. Qu'il y ait fraude ou pas, escroquerie individuelle ou pas, c'est bien la folle logique du profit qui est en cause. C'est cette folie qui exige des traders qu’ils prennent des risques, engagent, dans leurs spéculations, des milliards d'euros ; c'est pour faire cet étrange « travail » qu’eux-mêmes perçoivent des salaires pharamineux. C'est cette folie qui engendre les montages financiers qui propagent la crise des subprimes au monde entier, qui conduit à la crise financière et au krach, à la crise économique.

Il y, là, les conséquences dramatiques d'un système qui fonctionne hors de tout contrôle, entièrement soumis à la recherche de la rentabilité financière maximum, les conséquences de l'irrationalité de l'économie de marché et de la concurrence.

La finance contre les droits des salariés 

Les 7 milliards perdus représenteraient une prime de 58 000 euros pour chacun des 120 000 salariés de la banque, alors qu’aujourd'hui ce sont des licenciements qui s'annoncent. Ou l'équivalent du RMI pour 2 millions de personnes pour un an !

Les profits que les traders jouent à la bourse sont directement le résultat de l'exploitation accrue des salariés, de la dégradation des conditions de travail et de vie. Ils résultent de l'aggravation constante du chômage, de la précarité, du blocage des salaires. Ainsi, 700 travailleurs de chez ArcelorMittal vont être licenciés à l'usine de Gandrange pour rentabiliser la production et faire monter le cours de l'action. Et au nom des mêmes impératifs financiers, les patrons et Sarkozy refusent toute augmentation des salaires.

La démocratie, c’est le contrôle de la population

Sarkozy a cru bon de dénoncer « un système financier qui marche sur la tête », il parle de moraliser le capitalisme, demande plus de transparence. Baratin, écran de fumée, pour tenter de masquer qu’il est l’homme des patrons et des banquiers, que sa politique sert directement leurs intérêts. 

Mais la seule transparence, les seuls contrôle possibles et efficaces ne peuvent être que ceux des salariés eux-mêmes, en premier lieu, de ceux qui travaillent dans les banques, en relation avec l'ensemble de la population. Cela suppose d’en finir avec la domination sans frein des financiers et autres fonds d'investissement, la dictature du CAC 40, et, en premier lieu, le secret bancaire, pour mettre en place une société démocratique fondée sur le gouvernement des travailleurs et de la population.

Pour contribuer à donner force à cette exigence, les militants de la LCR lors de leur congrès, le week-end dernier, ont décidé de s'engager avec tous les travailleurs et les jeunes, les militants, les courants politiques, toutes celles et ceux  qui le souhaitent dans la construction d'un rassemblement de tous les anticapitalistes.

Donnons nous les moyens de faire vivre la solidarité et les mobilisations.

Le 28/01/08

 

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