Sébastien aurait dû naître à la maternité. Sa jeune maman dénonce les conditions d'accouchement. Indignation sur le Plateau.

Publié le par zuzu

 
un article de "LA DEPECHE du MIDI"
Lannemezan. Obligée d'accoucher dans l'ambulance

Régine, habitant Campistrous, a accouché, dans la nuit de dimanche à lundi, dans une ambulance qui la transportait de Lannemezan à Tarbes. Elle dénonce les conditions dans lesquelles la nuit s'est déroulée. Prise en charge par les pompiers et le SMUR de Lannemezan, elle fait route vers Tarbes. « Sur l'autoroute, on s'est arrêtés pour changer de SMUR à Tournay. Sur l'autoroute encore, j'ai perdu les eaux. Arrivée devant la maternité, je n'ai pas pu sortir du Samu. » Régine aurait souhaité accoucher à Lannemezan mais la fermeture de la maternité l'en a empêché. « Mon mari n'a pas pu assister à l'accouchement. Ça a été éprouvant, je n'ai pas eu la péridurale que j'avais demandée. Il n'y avait pas d'étriers, le lit était petit et mes pieds glissaient. Ensuite, j'ai dû sortir dans le froid et ils m'ont enlevé le placenta à l'intérieur de l'hôpital. » Elle regrette : « Si j'avais pu accoucher à Lannemezan, j'aurai eu ma péridurale ». Sébastien est finalement né à 3 h 19, il se porte bien.

Cet événement, même s'il a un dénouement heureux, suscite la colère sur le Plateau de Lannemezan où population, élus et syndicalistes dénoncent la fermeture de la maternité.

se battre pour rouvrir

Pour Henri Forgues, conseiller général, « cette situation n'est pas surprenante. Il arrive ce que nous avons toujours dénoncé. Nous espérons que la justice nous donnera raison et fera rouvrir la maternité. Je continuerai à me battre ».

De même, Bernard Plano, maire de Lannemezan, estime que cet incident est « la preuve que notre combat est justifié et légitime. Il faut qu'on obtienne raison rapidement sur le fond. Les bébés ont encore la liberté de naître comme ils veulent. Ils ne subissent pas le régime que les technocrates veulent leur imposer ».

Louis Lages, représentant CGT, ne peut que « déplorer. On le prévoit et le dénonce depuis des mois et des mois. Ça traduit la faillite totale du système, c'est inacceptable. Il faut qu'un groupe de travail se réunisse et qu'on rouvre ».

« On a justifié la fermeture au nom de la sécurité des soins, rappelle Daniel Cieutat, représentant CFDT du personnel. Est-ce cela la sécurité des soins ? Des familles et des vies sont en jeu. Comment l'aspect économique peut à ce point oblitérer la conscience de nos décideurs ? »
Claire Lagadic.

Publié le 12 février 2008 à 09h51

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article