LA BATAILLE DE L’EAU

Publié le par zuzu

Pour un contrôle citoyen

Jeudi 14 février, les associations Eau secours 31 (Haute-Garonne) et l’Association pour un contrat mondial de l’eau (Acme) tenaient une conférence de presse pour lancer une campagne nationale, notamment pour les municipales.

 

Aux côtés de l’Association pour un contrat mondial de l’eau (Acme) et d’Eau secours 31, une dizaine d’associations issues de plusieurs régions étaient présentes, jeudi 14 février, de même que la maire adjointe de Nanterre (municipalité alliée à dix communes sur la presqu’île de Juvisy), dans l’optique de fédérer la lutte pour l’eau et de mettre en place des réseaux communs d’informations, d’expertises, et d’initiatives. « Il faut y aller doucement, a précisé Lucien Sanchez (Eau secours 31), car chaque association veut garder son indépendance. Mais le but est bien de fédérer. »

Lucien Sanchez a recensé une centaine d’associations d’usagers dans l’Hexagone, dont « certaines ont remporté des victoires ». Il a cité des exemples de retour en régie municipale : Sète, Saint-Étienne, SOS-Bretagne, la Vendée, Eau secours Jurançon, les Pyrénées-Atlantiques et les Pyrénées-Orientales, Castres et Cournon (Auvergne). À Toulouse, des états généraux se sont tenus avec 40 associations, et ils ont adopté une plateforme. Cela devrait se produire également en Île-de-France. Le but commun est le contrôle démocratique sur la gestion de l’eau et l’institution progressive de vraies régies publiques.

À Toulouse, le « scandale du prix de l’eau » ne peut plus durer, avec une surfacturation évaluée à 11 %, comme l’a démontré l’enquête de Que choisir. Eau secours 31 en fait donc un enjeu pour les municipales, avec l’interpellation des élus sortants, qui n’ont pas bougé le petit doigt en dix-huit ans. La priorité est de demander un audit indépendant, comme cela s’est fait à Bordeaux (233 millions de surfacturation de la Lyonnaise ont été récupérés).

À Issoudun (Indre), c’est une pollution de l’eau, par des nitrates, pendant 30 mois qui est dénoncée par l’Acme. À Quimper, des défauts de canalisation ont abouti à une assignation en justice de Veolia. Les habitants subissaient des ruptures des canalisations, des fuites ou des trop-pleins de consommation atteignant 1 500 à 2 100 mètres cubes. Les habitants mettent les pouvoirs publics au pied du mur, avec des lettres aux partis (PS, PCF, UDB, Verts, LCR). Tous se disent d’accord, mais ils n’en parlent pas dans leur programme, sauf la LCR.

L’énorme dossier du Syndicat des eaux d’Île-de-France (Sedif) a été décortiqué par Jean-Luc Touly, de l’Acme. Le Sedif, c’est 146 communes, 4 millions d’usagers, 50 % des bénéfices de Veolia, avec un contrat datant de 87 ans, expirant fin 2010. Que Choisir a calculé que les prix étaient 2,5 fois trop élevés. Mais la bataille est ardue, car il faut obtenir une majorité des 146 communes pour sortir réellement du Sedif (30 maires avaient lancé un appel en 2005) et récupérer un vrai contrôle public. La prochaine échéance est le comité exécutif du Sedif, présidé par André Santini (Nouveau centre), à l’automne 2008. Il faut en faire un enjeu majeur de la campagne municipale en Île-de-France.

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