Nette percée de la LCR qui réalise le "meilleur score de son histoire"

Publié le par zuzu

PARIS, 10 mars 2008 (AFP) - La Ligue communiste révolutionnaire (LCR) d’Olivier Besancenot a réalisé au premier tour des municipales "le meilleur résultat de son histoire", avec plus de la moitié de ses listes dépassant 5%, certaines même 10% et pouvant par endroit peser sur le résultat du second tour. Sur 200 listes présentées par la LCR sous sa bannière ou en alliance avec d’autres courants d’extrême gauche, 109 ont franchi le seuil de 5% dont 29 les 10%, a indiqué à l’AFP un dirigeant de l’organisation trotskyste, François Sabado. La LCR a gagné 69 élus dès le premier tour, plus du double de la mandature précédente (une trentaine). "Il s’agit d’un résultat historique, sans précédent pour la LCR, dans un scrutin municipal", souligne M. Sabado. Le parti trotskiste créé après les événements de mai 1968 n’avait frôlé une telle percée qu’en 1977, rappelle-t-il. Pour lui, le score valide la stratégie de son organisation, basée sur "l’indépendance" vis-a-vis du PS : les listes LCR et unitaires ont refusé toute alliance de premier tour avec le PS et leurs élus rejettent tout accord de participation aux exécutifs municipaux avec le parti de François Hollande. La LCR a fait des percées inattendues dans de grandes villes, avec plus de 5% à Toulouse, Lyon, Marseille, Tours, Poitiers, Limoges, Montpellier, Nancy, Amiens. Parmi ses meilleurs scores : Quimperlé (Finistère) 15%, Clermont 13,8%. A Sotteville-lès-Rouen (Seine-Maritime) où le candidat PS est élu, elle aura avec 14,8% deux conseillers, à Evry (8,20%) un conseiller. A Foix (Ariège), la LCR a obtenu 10,85% et est en ballottage. Ses listes recueillent entre 5% et 10% à Saint-Brieuc, Alençon, Saint-Malo, Quimper, Pau, Bayonne, Bar-le-Duc, Blois, Montreuil (Seine-Saint-Denis), Brest, Annecy. La LCR ne donne pas de consigne nationale de vote, son principe de base étant de "battre la droite". Les listes décideront en fonction des configurations locales. A plus de 10% elles peuvent se maintenir. Là où elles dépassent 5% - et où la gauche ne nouera pas d’alliance avec le Modem -, elles peuvent proposer une "fusion technique" : les élus LCR "refuseront toute participation à la majorité municipale" mais "voteront les mesures qui leur paraîtront aller dans le bon sens". François Hollande premier secrétaire PS s’est dit favorable lundi soir à une alliance avec "des listes plus à gauche qui disent +nous voulons participer au travail au plan local+". A Toulouse, la liste "Debout !" -LCR-Motivé(e)- a proposé cette "fusion technique" mais le PS a refusé, a affirmé Pierre-François Grond, responsable élections de la LCR. La tête de liste PS Pierre Cohen a expliqué son refus : "Je souhaite réunir autour de moi une majorité unie et solidaire". A Marseille, anticipant l’alliance entre le PS et le Modem conclue dans la soirée, la liste animée par la LCR n’a pas proposé de fusion, mais appelé à infliger "une défaite à la droite", c’est-à-dire voter pour le socialiste Jean-Noël Guérini contre le maire sortant UMP Jean-Claude Gaudin. La LCR juge que ses bons résultats électoraux "viennent en appui" à sa stratégie de construction d’un "nouveau parti anticapitaliste" qu’elle projette de fonder fin 2008. "Cet ancrage local servira de relais à la fois pour développer les luttes sociales et pour construire le nouveau parti", souligne François Sabado. "On ne peut plus dire qu’il s’agit du seul effet Olivier Besancenot", argue-t-il.

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