l'arnaque des autoroutes et des parkings

Publié le par zuzu

 

Les automobilistes qui paient les péages des autoroutes ou qui règlent leurs tickets de parking seront ravis de l’apprendre : jamais la société Vinci n’a gagné autant d’argent. C’est la réalité qui saute aux yeux après publication du détail de ses comptes, la semaine dernière.

Numéro un mondial des BTP, Vinci est aussi le numéro un en Europe des concessions publiques accordées par l’Etat ou par les municipalités : 4 380 kilomètres d’autoroutes à travers Cofiroute, ASF, Escota et la plupart des parkings de centre-ville à travers Sogeparq, à Paris comme à Toulouse [1].

Ces concessions lui assurent 70% de son résultat opérationnel alors que les-dites concessions ne représentent que 15% de son chiffre d’affaires.

Avec d’autres données, le résultat est encore plus parlant : les travaux publics n’assurent à Vinci qu’une rentabilité comprise entre 4 et 5%, tandis que les autoroutes et les parkings lui rapportent du 38,3%.

Un chiffre qui montre comment la privatisation des autoroutes, décidée sous Strauss-Kahn et réalisée sous Villepin et Breton, s’est révélée une magnifique affaire pour ses bénéficiaires et une mauvaise affaire pour l’Etat.

Mais aussi un chiffre qui devrait faire réfléchir les municipalités qui concèdent à tout-va la gestion de leurs parkings au privé.

Les boursiers, qui comprennent vite, ne s’y trompent d’ailleurs pas.

Comme le note "La Vie financière" (22/2),"les concessions sont mieux valorisées par le marché que les activités de construction.

Alors que ces dernières se paient en moyenne dix fois le bénéfice, les concessions se traitent à plus de vingt fois ce même ratio".

Vinci n’a d’ailleurs pas l’intention de s’arrêter là.

Les socialistes ayant eu le bon goût de commencer à privatiser un tiers du capital d’Aéroports de Paris, Vinci a déjà acquis 3,3% de son capital et multiplie les pressions pour obtenir de Bercy une privatisation totale.

C’est vrai : à 38,3% de rentabilité, pourquoi se priver ?

Sources Le Canard Enchaîné du 27/02/2008

 

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D
Votre idée ressemble à une fausse bonne idée : vous parlez des bénéfices des sociétés comme Vinci qui tiennent des concessions. Soit.<br /> <br /> Mais voilà, ce qui importe c'est ce que ça coûte au contribuable. Si une municipalité gère un parking à la place d'un concessionnaire, cela coûte tout simplement plus cher. Alors on peut négocier des tarfis à la baisse, ça c'est sûr, mais retirer la gestion à un concessionnaire, c'est très directement augmenter le coût pour la ville... Il fallait cette précision pour compléter votre propos!<br /> <br /> Cordialement,<br /> Un tarbais
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