PARTI COMMUNISTE

Publié le par zuzu

 

Écartelé

Malgré sa crise d’identité et la poursuite de son déclin lors des grands choix nationaux, le PCF arrive à se stabiliser aux municipales, à de rares exceptions près.

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Le PCF contrôle désormais 90 villes de plus de 9000 habitants – au lieu de 81 – et 28 villes de plus de 30 000 habitants, soit autant qu’en 2001. Il a pu faire élire 118 conseillers généraux, contre 128 précédemment. En revanche, s’il peut se targuer d’avoir conquis quelques villes, comme Dieppe, ou le conseil général de l’Allier, il perd quelques gros bastions comme Calais, Pierrefitte et Aubervilliers, en Seine-Saint-Denis, et, surtout, la présidence du conseil général de ce département.

Cette résistance au déclin est plus le produit de l’enracinement de certains élus et de la force du « réseau municipal » (clubs et associations diverses) que du réseau PCF. Les quelques grosses pertes sont souvent liées au discrédit de certains maires, comme à Montreuil. Sur le plan politique, la direction du PCF, contente de voir que la discipline à gauche a permis de sauver la plupart de ses élus, n’a pas voulu dramatiser l’épreuve de force imposée par le PS en Seine-Saint-Denis. De même, n’a-t-elle pas fait de l’alliance avec le Modem un casus belli. Au conseil national du PCF, sur proposition des communistes unitaires, il n’y eut que sept voix sur 70 pour proposer une rupture d’alliance là où l’accord avait été fait avec les amis de Bayrou, comme à Grenoble…

Au deuxième tour, comme le PS, le PCF, toutes tendances confondues, a refusé tout accord de fusion « technique » avec les listes présentées ou soutenues par la LCR, sauf à Le Haillan (Gironde), retrouvant ainsi des réflexes de vieux bureaucrates inquiets de se confronter à des élus plus à gauche qu’eux. Certes, nos voix les intéressaient, mais pas nos élus. Malheureusement, cette position sectaire a été aussi celle des refondateurs, dits « communistes unitaires ». Ces partisans de la « démocratie participative » et de « l’unité des forces antilibérales » ont exigé un accord politique, c’est-à-dire un engagement que nos élus votent avec eux les budgets et les grandes orientations. Bref, ils exigeaient un ralliement pur et simple. Ce chantage, comme à Choisy (Val-de-Marne) ou à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis, liste Paillard-Braouezec), a abouti à l’absence d’élus LCR et à l’exclusion de milliers d’électeurs.

Dans les Bouches-du-Rhône, la dérive a été plus grave. Avant toute décision du PCF, dix élus sur onze « communistes unitaires » ralliaient la liste de Jean-Noël Guérini, où se trouvait l’un des compagnons de Charles Pasqua, et ils acceptaient, avec l’accord de la fédération, la fusion au second tour avec le Modem. Pire, à Aubagne, dans le fief des « communistes unitaires », dont beaucoup avaient rejoint la candidature Bové, le maire communiste, Daniel Fontaine, a fait liste commune au deuxième tour avec le Modem, et il a cité, dans son journal, le soutien à peine voilé du FN (lire l'article sur Aubagne)…

De tout cela, pas un mot dans le bilan national des « communistes unitaires », si ce n’est pour rappeler qu’ils sont contre l’accord avec le Modem et pour analyser faussement les scores des listes présentées ou soutenues par la LCR : « Les bons scores de la Ligue dans les villes moyennes et grandes, majoritairement sur une ligne non unitaire [sic !], conduisaient à proposer uniquement des fusions techniques au deuxième tour, sans accord politique. » Décidément, le débat n’est pas clos, mais il doit se clarifier…

 

 

 

Alain Krivine

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