Une défaite cinglante

Publié le par zuzu

 

 

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Le deuxième tour des élections municipales et cantonales a donc confirmé et amplifié la sanction infligée, dès le premier tour, par les électeurs et les électrices. Une majorité de villes, grandes et moyennes, est conservée ou gagnée par la gauche, tandis que les cantonales montrent que le rejet de la droite s’est également exprimé dans les communes rurales de moins de 3 500 habitants.

Neuf mois après une élection présidentielle présentée comme historique et ouvrant une période libérale triomphante, la défaite de l’UMP, le 16 mars, montre bien, qu’en grande partie, l’élection de Sarkozy ne représente en rien une adhésion à son projet d’adaptation brutale de la société française aux exigences du capitalisme mondialisé, mais bel et bien une incapacité, une défaillance de la gauche institutionnelle acquise au libéralisme à combattre la droite… sur le terrain du pouvoir d’achat. Une situation qui explique le score de nos listes au premier comme au second tour.

Alors même que la situation économique rétrécit les marges de manœuvre du gouvernement, que les profits du CAC 40 (97 milliards d’euros) battent de nouveaux records, et dans un contexte où l’inflation grignote le niveau de vie de la majeure partie de la population, le mensonge sarkozyste est désormais clairement établi. « Le président du pouvoir d’achat » n’a augmenté que le sien et celui des plus riches, il a un train de vie à l’image du projet qu’il défend, ce qui provoque une vague d’indignation parfaitement légitime. Qu’il soit sanctionné ainsi que son équipe est donc une bonne nouvelle, cela va donner confiance à celles et ceux qui entendent résister à sa politique.

Car c’est bien sur le terrain social que va se jouer la suite cruciale du rapport de force engagé cet automne. Un rapport de force que n’entend pas jouer la direction du PS, qui se précipite depuis quelques jours pour nous expliquer qu’il ne s’agit que d’une victoire municipale et qu’il faut attendre sagement 2012 pour battre Sarkozy. En attendant, les contre-pouvoirs locaux nous protégeraient... Un discours déjà entendu après la victoire du PS aux régionales de 2004, qui n’ont ni changé la vie quotidienne de la population, ni rompu avec des politiques de subventions des entreprises capitalistes, ni permis d’obtenir une victoire en 2007. D’ailleurs, dans quel état serait la société française en 2012, si on laissait faire Sarkozy et Fillon ?

Du côté du pouvoir et du patronat, la lecture des résultats sonne, certes comme un désaveu, mais elle va se traduire par une accélération des attaques dans l’ensemble des domaines. Droit à la retraite, réforme de l’État, carte hospitalière, etc., les mauvais coups se préparent, on nous dit même qu’existerait un plan global que le gouvernement entend mettre en œuvre rapidement. L’urgence est donc à la riposte unitaire. La gauche sociale et politique doit s’unir pour défendre les retraites – dès la mobilisation du 29 mars – et le droit à la santé, appuyer les luttes et les grèves contre les plans de licenciements qui s’accumulent, faire du pouvoir d’achat l’urgence absolue par l’augmentation des salaires, des pensions et des revenus. La LCR fera localement et nationalement des propositions en ce sens car, désormais, il s’agit d’assumer l’épreuve sociale que prépare le gouvernement.

Un affrontement qui pourrait se révéler un cap encore plus difficile pour le gouvernement, tant ces élections démontrent l’impopularité et le rejet d’une équipe qui, sanctionnée dans les urnes, accélérerait les attaques ayant conduit à sa défaite. Il est donc clair que l’attitude des directions syndicales, des partis de gauche sera déterminante. Il est impératif de refuser le cadre des réformes et se préparer aux résistances sociales. Dans le même sens, face au discours de la droite qui répète en boucle qu’il n’y a pas d’alternative, de contre-propositions à ses projets, il s’agit de démontrer qu’un plan de mesures d’urgence sociale et démocratique est nécessaire et possible. Qui permette de défendre une autre répartition des richesses, s’attaquant au profit et à la propriété privée des grandes entreprises capitalistes qui exercent une véritable dictature sur la société.

Des retraites à la santé, de l’Éducation nationale à la défense et à l’extension des services publics, du droit des sans-papiers à l’urgence écologique, de l’interdiction des licenciements à la défense des 37,5 annuités pour tous : une politique de rupture sociale et démocratique peut s’incarner dans des mesures qui sont autant de champs de lutte possibles. C’est cette politique de rupture avec le système capitaliste et ses institutions qui doit être au cœur du processus de construction du nouveau parti anticapitaliste. Un parti qui soit à la fois un instrument utile et efficace pour l’unité dans les luttes, les résistances et les campagnes politiques et qui, en même temps, s’appuyant sur la force et les expériences de ces mobilisations, offre une alternative politique globale contre la droite et le patronat, mais également face à une gauche qui a renoncé à transformer la société et s’adapte aux exigences du capitalisme.

 

 

 

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