DROITE

Publié le par zuzu

Alors que Sarkozy s’apprête à boucler sa première année à l’Élysée, sa politique, faite d’attaques d’ampleur contre les acquis sociaux, est de plus en plus impopulaire. Elle est contestée au sein même de la majorité. Les dernières semaines ont vu se multiplier les dissensions publiques au sommet de l’État, sur fond de sondages d’opinion calamiteux pour Nicolas Sarkozy. Citons, pêle-mêle, l’annonce de la suppression de la carte « famille nombreuse », l’annonce de l’arrêt du remboursement des frais d’optique par la Sécurité sociale, l’annonce – confirmée – de l’amputation des allocations familiales et l’échange d’amabilités entre Nathalie Kosciusko-Morizet, Jean-Louis Borloo et Jean-François Copé, à propos de la législation sur les OGM. Et le coup de gueule de Nicolas Sarkozy, qui peine à rétablir l’ordre au sein de son équipe gouvernementale… On remarquera tout de même que, derrière la cacophonie réelle ou supposée, au gré des annonces et de leurs démentis, une cohérence se dessine : toutes les mesures évoquées vont toujours dans le même sens, celui d’attaques systématiques contre le niveau de vie des travailleurs et des classes populaires. D’ailleurs, là-dessus, il n’y a pas de divergences de fond à droite ! Et les réponses de la gauche institutionnelle sont tellement « mesurées » que, si la situation politique se résumait à cela, la droite sarkozyste pourrait couler des jours heureux. La raison du malaise de la majorité est à rechercher ailleurs, dans l’état d’esprit de l’opinion publique et de son évolution. En onze mois d’exercice du pouvoir, l’image du candidat de la « rupture » s’est estompée et sa prétention à être le « président du pouvoir d’achat » s’est fracassée sur les faits. La lutte contre le chômage a surtout débouché sur l’augmentation des situations de précarité et la multiplication des « travailleurs pauvres ». La défiscalisation des heures supplémentaires n’a pas fait illusion très longtemps : non seulement, c’est une réponse sans effet significatif à l’exigence croissante d’augmentation du pouvoir d’achat, mais cela apparaît de plus en plus clairement comme une manœuvre pour faire passer la pilule du reste du « paquet fiscal », à savoir la baisse des impôts des plus riches. De plus en plus de familles populaires constatent la dégradation de leur pouvoir d’achat, consécutive à l’augmentation des prix et au blocage des salaires. Enfin, du fait du resserrement des marges de manœuvre économiques, dû à la crise financière, c’est maintenant l’ensemble des systèmes de protection sociale et des services publics qui est dans le collimateur. La désaffection populaire – puis le mécontentement grandissant – est à la mesure des illusions développées lors de la campagne présidentielle. L’exécutif est donc sous pression, d’où les dérapages et les polémiques qui le traversent. Globalement, cela confirme que la société française n’a pas été gagnée au libéralisme et qu’elle recèle encore d’importantes capacités de résistance. Du coup, certaines annonces gouvernementales constituent des tests : si ça passe, on met en œuvre ; si ça proteste, on tergiverse. Un jeu dangereux pour le pouvoir, car c’est aussi un encouragement aux mobilisations…

 

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