RETRAITES

Publié le par zuzu

Tout est bon, dans la propagande gouvernementale, pour tenter de justifier l’allongement de la durée de cotisation. Mais, dans le même temps qu’il parle d’augmenter les cotisations, le gouvernement s’apprête à faire main basse sur l’argent du fonds de réserve des retraites.

 

La concertation destinée à aggraver les conditions de départ à la retraite continue, la seule question semblant se poser pour les partenaires sociaux étant la date du passage de la durée de cotisation à 41 ans. Aussi, fort de l’assurance que lui donnent les directions des confédérations syndicales qu’elles ne feront rien de sérieux pour mobiliser – une journée d’action serait prévue le… 1er Mai –, le gouvernement avance ses pions et fait dans la provocation. C’est ainsi que le ministre du Travail, Xavier Bertrand, a annoncé dans le journal La Croix, le 4 avril, qu’il envisageait d’augmenter les cotisations de retraite. Une augmentation sans douleur, à l’en croire, puisque cette hausse serait compensée par une diminution des cotisations d’assurance chômage, l’Unedic étant bénéficiaire cette année de 3,5 milliards et le gouvernement anticipant – sans rire – une diminution du chômage.

Mais il faut dire que le discours s’adresse avant tout au patronat qui non seulement refuse toute hausse de ses cotisations, mais en réclame la baisse. Les leaders syndicaux ont surtout protesté sur la forme, le gouvernement ne les ayant pas consultés pour faire cette annonce alors qu’on est en pleine concertation. Et peu importe, au final, pour le patronat et le gouvernement, que l’Unedic n’indemnise, comme c’est le cas actuellement, qu’environ un chômeur sur deux et qui plus est, à des niveaux dérisoirement bas.

Quant au fonds de réserve sur les retraites, le gouvernement aimerait bien faire main basse sur son capital au nom du « désendettement de l’État ». À l’origine, ce fonds était destiné à compenser les besoins de financement des retraites du privé, des agriculteurs et des commerçants… à l’horizon 2040. C’est le gouvernement Jospin qui l’avait créé en 1999, dans l’idée non seulement de préparer l’opinion à la réforme des retraites, mais aussi d’alimenter la Bourse. C’est en effet le premier fonds de pension à la française. Alimenté régulièrement par une partie, les deux tiers, du prélèvement de 2 % sur le capital, il devait l’être également par les recettes des privatisations, promesse restée lettre morte. Comme l’a révélé Le Canard enchaîné le 9 avril, le fonds a même perdu en Bourse 3 milliards d’euros au premier trimestre sur son portefeuille de 34,5 milliards dans le contexte de la crise financière.

À tout cela, une conclusion : gouvernement et patronat n’ont aucun complexe à faire payer toujours plus les salariés quand bien même leur gestion, vouée à l’enrichissement de quelques-uns, s’avère un gâchis colossal. N’ayons aucune gêne à réclamer une retraite à taux plein après 37,5 années de travail. C’est une question de répartition des richesses. Une question de rapport de force, aussi, mais qui commence dans la conviction que les besoins du plus grand nombre sont les seuls légitimes.

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