Dacia, les esclaves se rebiffent

Publié le par zuzu

« Nous ne voulons pas être esclaves dans l’Union européenne » : c’est, en effet, ce sort peu enviable qu’ont refusé les salariés de l’usine Dacia, en Roumanie. Il y a quelques années, Renault, avide de profits, a choisi le site de Pitesti, à une centaine de kilomètres de Bucarest, pour y fabriquer la Logan, la fameuse voiture low cost qui connaît aujourd’hui un certain succès commercial. Un succès qui s’appuie essentiellement sur une pratique systématique de bas salaires, de l’ordre de 250 euros mensuels.

Pourtant, face aux revendications des ouvriers, qui réclamaient une augmentation de 65 %, la direction n’a pas hésité à brandir la menace d’une délocalisation de la production dans des pays où les salaires sont encore plus bas, notamment le Maroc, l’Inde ou la Moldavie ! Après cette provocation, la grève a éclaté le 24 mars. Les travailleurs ont dû déjouer les manœuvres de la direction, qui a tenté de faire déclarer la grève illégale par la justice roumaine.

Finalement, au bout de trois semaines de grève, ils ont obtenu des augmentations comprises entre 30 et 40 %, la plus forte augmentation salariale jamais obtenue dans ce pays. Ce conflit est emblématique : dans les nouveaux pays membres de l’UE, les prix à la consommation ont tendance à rattraper ceux pratiqués en Europe occidentale ; en revanche, c’est très loin d’être le cas pour les salaires. La victoire des travailleurs de Dacia montre aussi les capacités d’action d’un mouvement ouvrier renaissant et la nécessité d’une solidarité à l’échelle européenne.

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cet ami plein de vitamine ""bien sur"" et non -c'est ami-
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R
Comme dit l'ami Bakounine c'est ami plein de vitamines "l'oppression d'un peuple ou meme d'un simple individu est l'oppression de tous et l'on ne peut violer la liberté d'un seul sans violer la liberte de chacun"
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