SARKOZY, UN AN C'EST DEJA TROP !

Publié le par zuzu

En mai 2007, Nicolas Sarkozy était élu président de la République à l’issue d’une campagne peu avare en promesses démagogiques et en clins d’œil appuyés en direction de l’extrême droite raciste et sécuritaire. En fait de « rupture », c’est surtout une formidable machine à remonter le temps des acquis sociaux et démocratiques qui s’est mise en branle.

Alors que les profits atteignent des niveaux records, nos salaires sont bloqués et le gouvernement présente les heures supplémentaires – dont les patrons sont seuls maîtres – comme le seul moyen d’espérer atteindre un revenu décent. On nous propose même de « racheter » nos congés et nos RTT : c’est vraiment travailler plus pour gagner pas grand-chose ! Après celles des cheminots et des électriciens, c’est désormais l’ensemble des retraites qui sont menacées avec le projet gouvernemental de passage à 41 annuités. Bien sûr, il ne s’agit pas de nous faire réellement travailler jusqu’à 65, 66 ou 68 ans, mais surtout de verser les retraites les plus faibles possibles, du fait des mécanismes de « décotes ». Même le droit du travail – qui remonte au xixe siècle – est attaqué avec l’instauration de l’interruption du contrat de travail… sans licenciement !

Simultanément, par l’intermédiaire du « paquet fiscal », le gouvernement a multiplié les cadeaux aux entreprises et aux contribuables les plus fortunés : exonérations de cotisations sociales, bouclier fiscal, suppression des droits de succession, etc. Autant de dispositifs qui assèchent les finances de l’État et de la protection sociale : il ne reste plus, ensuite, qu’à constater que « les caisses sont vides » ! Le président, le Premier ministre et tous les ministres à leur suite peuvent alors prendre prétexte de cette situation – qu’ils ont eux-mêmes créée ! – pour justifier de nouvelles coupes claires dans les budgets sociaux : fermetures des services publics et des hôpitaux de proximité, suppression d’emplois dans l’Éducation nationale. Mais, curieusement, aucun problème pour financer l’envoi de troupes françaises supplémentaires en Afghanistan !

Dans le même temps où le pouvoir s’attaque à « l’État social », il renforce l’État pénal ! Les lois de plus en plus répressives et sécuritaires se succèdent à un rythme d’enfer, les dispositions les plus scandaleuses étant l’incarcération des mineurs – avec, en ligne de mire, l’offensive contre les ordonnances de 1945 sur la protection de la jeunesse – et la chasse aux immigrés. Les quotas d’expulsions et le climat de rafles ont atteint un tel degré qu’ils débouchent sur des drames humains et la mort de plusieurs sans-papiers préférant risquer leur vie plutôt que de se soumettre à un contrôle policier, antichambre de l’expulsion.

Mais, depuis quelques mois, la situation est en train de changer : la chute de popularité de Sarkozy, enregistrée par les sondages, vient confirmer le décrochage de l’opinion, un temps tétanisée par l’élection. La gamelle électorale de l’UMP lors des dernières élections municipales montre bien que la société française est loin d’être gagnée au libéralisme. Au contraire, des secteurs de plus en plus significatifs s’avèrent disponibles pour la lutte et la résistance : cheminots pour leurs retraites, salariés du public et du privé pour leurs salaires, lycéens et enseignants pour l’Éducation nationale, etc.

Autant dire que le moment est venu d’un vaste mouvement d’ensemble contre le gouvernement et sa politique. Dans ces circonstances, on attendrait de la gauche qu’elle soit au premier rang des mobilisations. Et s’il n’en n’est rien, c’est parce que la principale formation d’opposition – le Parti socialiste – ne critique les attaques gouvernementales que « sur la forme » tant il les approuve, en fait, sur le fond. Dans sa nouvelle « déclaration de principes », le PS a supprimé toute référence aux « espérances révolutionnaires » ; comment s’en étonner de la part d’un parti qui s’honore de compter dans ses rangs le dirigeant de l’Organisation mondiale du commerce et celui du Fonds monétaire international, deux organisations mercenaires de la mondialisation capitaliste.

Ce président et son gouvernement ne sont forts que des faiblesses et des renoncements de la gauche institutionnelle ! Les luttes sociales qui se produisent déjà – et qui ne manqueront pas de s’amplifier dans les mois à venir… – ont besoin d’un correspondant politique, d’une gauche qui, elle, ne lâche rien. C’est cette conviction qui nous a poussés, à la LCR, à lancer un appel à la création d’un nouveau parti anticapitaliste, qui défende des solutions alternatives radicales, en toute indépendance vis-à-vis des sociaux-libéraux qui ont renoncé à changer de société. Les premières expériences de constitution de collectifs d’initiative pour un nouveau parti sont, d’ores et déjà, encourageantes. Le 1er Mai, fête internationale des travailleurs, sera une première échéance pour relever, toutes et tous ensemble, ce défi.

 

 

 

Olivier Besancenot

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