Le patronat en rêvait…

Publié le par zuzu

La loi sur « la démocratie sociale et le temps de travail » a été votée, dans la nuit du 7 juillet, par les députés de l’UMP et du Nouveau centre. Elle fait voler en éclats les limitations légales du temps de travail. C’est une nouvelle attaque majeure contre l’ensemble des salariés.

 

 

 

 

L’été est propice aux mauvais coups sociaux. Celui de 2008 sera exceptionnel en ce domaine. Dès le 7 juillet, une majorité de députés a voté, de nuit, la fin des 35 heures, mais sans la supprimer légalement. La loi sur « la démocratie sociale et le temps de travail » donne désormais l’entière liberté aux patrons de fixer la durée du travail qu’ils souhaitent, entreprise par entreprise, avec pour seules limites dix heures par jour, 48 heures par semaine (et ce n’est pas une limite absolue) et 47 semaines par an (cinq semaines de congés payés). Le tout pourra se faire en diminuant les garanties collectives au profit du gré à gré, entre le salarié et l’employeur, comme si les relations étaient d’égal à égal. Tout cela, bien entendu, avec l’argument fallacieux d’augmenter le pouvoir d’achat des salariés.

Cette nouvelle loi, comme les précédentes, n’aura aucun effet sur le pouvoir d’achat. En revanche, elle aggravera encore plus les conditions de travail des salariés, livrés à l’arbitraire total des patrons. Avec cette loi, c’est la fin de la notion de durée légale du temps de travail et d’heures supplémentaires puisque, désormais, la loi ne parle plus que d’un nombre de jours de travail annuel à ne pas dépasser. Les salariés payés en « forfait jours », en particulier les cadres (mais pas seulement, puisque la loi permet maintenant d’étendre le forfait jour à d’autres catégories), pourront travailler jusqu’à 235 jours, voire 282 jours, si un accord d’entreprise est conclu. Les 235 jours correspondent à 47 semaines de travail de cinq jours. Cela revient donc précisément à supprimer tous les jours fériés et les jours actuels de réduction du temps de travail (RTT).

Cette loi de destruction de la durée du temps de travail était demandée, depuis de nombreuses années, par les patrons. Ils n’ont eu cesse de faire du chantage aux licenciements et aux délocalisations, comme récemment chez Goodyear à Amiens, pour augmenter le temps de travail et détériorer ainsi les conditions de travail et de vie des salariés. Grâce à Sarkozy et à l’ensemble des députés de droite, ils auront donc désormais une loi pour les y aider. Cette contre-réforme montre, de nouveau, que ce gouvernement veut détruire l’ensemble des acquis sociaux et des droits collectifs, en finir rapidement avec le « modèle social » français pour « remodeler » entièrement la société au profit des plus riches.

Le Parti socialiste avait promis une « bataille sans concession » contre cette loi. À l’exception de quelques-uns, les députés socialistes ne se sont guère mobilisés dans l’Hémicycle, si ce n’est pour choisir le chef de leur groupe parlementaire. L’heure est plus que jamais au rassemblement de toute la gauche sociale et politique dans un large mouvement d’ensemble contre la politique de Sarkozy. Nous n’aurons jamais de « position commune », ni avec le Medef, ni avec ce gouvernement. Nous le montrerons avec force, une fois encore, dans les mois qui viennent.

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