Une pétition "Pas touche à la Poste" est en ligne:

Publié le par zuzu


http://www.pastouchealaposte.ras.eu.org/
A signer et faire signer!
Ces derniers jours, les analystes libéraux ont pavoisé à l’annonce du possible changement de statut de La Poste. Selon eux, il était temps que le tabou de la privatisation de l’établissement public soit enfin levé. Toutefois, ces experts de mauvais augure ne prennent même pas la peine d’argumenter sur la nécessité d’une telle évolution. Il leur suffit d’asséner que la plupart des autres postes ont déjà été transformées en sociétés anonymes et de conclure leur démonstration en louant la « mue » réussie de France Telecom. Un comble ! Cette attitude, relevant plus de la méthode Coué que de l’analyse économique, n’est pas pour nous surprendre. Un examen plus sérieux des enjeux d’une privatisation donnerait, sans aucun doute, trop de grain à moudre aux défenseurs du service public.

Il y a, tout d’abord, un paradoxe chez les tenants de la privatisation. Afin de rassurer postiers et usagers, ils ne cessent de répéter qu’il n’y a pas matière à s’inquiéter, puisque l’État restera l’actionnaire majoritaire. Mais si l’introduction de capitaux privés était un acte vertueux, créant les conditions de développement d’une entreprise au service des populations, pourquoi faudrait-il s’inquiéter de la perte de contrôle de l’État ?

Au-delà des aspects financiers évidents, la transformation de l’entreprise publique en société anonyme est aussi d’ordre idéologique. Pour les libéraux, son statut actuel représente un frein à l’évolution, qui est malheureusement en marche depuis plusieurs années, à travers la libéralisation du courrier, la marchandisation des activités des bureaux de poste et la création de La Banque postale. Ces évolutions ont déjà des conséquences très concrètes dans notre vie quotidienne.

Ainsi, le nombre de bureaux de poste a fortement décru, plus de 5 000 des 17 000 bureaux ayant été transformés en agences postales communales ou en relais postes chez les commerçants, où seulement quelques opérations primaires sont réalisables. De plus, dans 8 000 autres bureaux, les horaires ont été réduits. Tout autant que les zones rurales, les quartiers populaires sont les victimes de cette évolution. En effet, les réductions d’ouverture dans ces bureaux ont comme conséquence directe une baisse de la qualité de service et d’accueil. Mais dans les pays où la poste est privatisée, la situation est encore beaucoup plus désastreuse. Au Royaume-Uni, par exemple, la poste détient, directement, seulement 3 % des « points de contact » et leur nombre devrait encore diminuer dans les prochaines semaines.

Cette raréfaction de la présence territoriale télescope également l’accessibilité bancaire. Pourtant, avec plus de 1 million d’exclus du système bancaire, cette activité est vitale. Évidemment, une privatisation de l’établissement public, combinée à la banalisation du Livret A, remettrait totalement en cause le rôle joué par La Poste. Ce rôle est d’autant plus important que les parlementaires ont avalisé la fin des missions d’intérêt général des caisses d’épargne de l’Écureuil.

En ce qui concerne le courrier, les conséquences directes peuvent apparaître moins évidentes, il n’en reste pas moins qu’elles seraient bien réelles, avec la facturation des activités aujourd’hui gratuites. Par exemple, en Suède, le courrier est déposé dans des relais, la distribution au domicile est devenue un service payant. La fin de la péréquation tarifaire défavoriserait les habitants des zones les moins rentables, c’est-à-dire que ce serait une nouvelle fois à celles et ceux qui ont le plus besoin de service public de passer à la caisse.

Socialement, les conséquences seraient également dramatiques pour les salariés des entreprises de ce secteur. Déjà, depuis le début du processus de libéralisation du courrier, 300 000 emplois ont été détruits en Europe. Cette période a également connu un énorme développement du temps partiel. Au Pays-Bas, par exemple, ce type d’emploi est la norme, y compris chez l’opérateur historique, TNT. C’est pourtant un opérateur de référence pour les autres dirigeants du secteur et pour les gouvernements !

Aujourd’hui, le président de La Poste tente de rassurer les postiers et leurs syndicats en leur consentant des garanties sociales élevées. Il se moque du monde ! Pour s’en convaincre, il suffit de rappeler le débat qui a eu lieu en Allemagne. La création d’un salaire minimum à 9,50 euros de l’heure a fait sortir les tenants de la libre concurrence de leurs gonds. Cette pratique serait un frein à l’entrée sur le marché de nouveaux opérateurs, l’obligation de payer un salaire minimum ne garantissant pas un taux de rentabilité suffisant !

Socialement, les populations et les salariés ont tout à perdre de la privatisation de La Poste. Dès maintenant, il s’agit de travailler à l’élaboration d’initiatives unificatrices. Lors de la fermeture de bureaux, cette unité a déjà été possible dans un nombre significatif de localités, le plus souvent dans des petites communes. Au vu des enjeux, ce mouvement doit se nationaliser.

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