La messe est dite

Publié le par zuzu

Même en faisant beaucoup d’efforts, difficile d’avoir échappé, le week-end des 13 et 14 septembre, à la venue du pape Benoît XVI en France. Au-delà du matraquage médiatique, des reportages de complaisance, c’est bien l’attitude de l’État Français et de Nicolas Sarkozy qui pose problème. Que le pape ait tenu à tendre la main aux intégristes catholiques, qu’il ait souhaité condamner l’avortement, la contraception, le divorce, n’est hélas pas une surprise, même si cela en dit long sur l’idéologie réactionnaire véhiculée par l’Église catholique. En revanche, que l’État français déroule le tapis rouge, qu’il facilite, qu’il organise même l’expression d’un tel discours, voilà qui doit être fermement dénoncé et combattu.

On connaissait déjà l’intervention de Sarkozy, en décembre 2007, notamment cette phrase terrible : « Jamais l’instituteur ne pourra remplacer le curé ou le pasteur. » Le discours prononcé par le président de la République lors de l’accueil du pape démontre qu’il ne s’agissait pas d’un dérapage. Si les aspects les plus provocateurs ont été gommés – encore que… –, le fond est bien là. Au-delà de l’insistance sur « les racines chrétiennes de la France » et de la nouvelle trouvaille que représente « la laïcité positive et ouverte », c’est bien de la primauté du religieux qu’il s’agit, lorsqu’il indique que « ce serait une faute contre la culture et contre la pensée » que de se priver de religion. Les 30 % de « sans-religion » de ce pays apprécieront comme il se doit ces propos.

Gageons que, pour Nicolas Sarkozy, nous sommes les tenants d’une laïcité fermée et négative. Assumons-le. Il existe sans doute des compréhensions différentes de ce que doit être l’expression de la laïcité. Mais oui, les croyances religieuses relèvent, pour nous, de la sphère privée, et elles n’ont pas leur place dans la sphère publique. Oui, ce pays a besoin non pas de moins, mais de plus de laïcité. Oui, la séparation de l’Église et de l’État est un principe intangible, qui suppose par exemple que les fonds publics ne puissent aller aux écoles privées, qu’elles soient confessionnelles ou non.

Face au « Dieu pour tous et chacun pour soi » qui guide la pensée de Sarkozy, il est temps de répondre tous ensemble contre l’obscurantisme et les inégalités que génère ce système.

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