RSA...l'entourloupe!

Publié le par zuzu

À écouter les commentateurs, Sarkozy serait devenu un président de « gauche », en annonçant vouloir « taxer le capital » pour financer le revenu de solidarité active (RSA). Il n’en est évidemment rien… Précarité et travailleurs pauvres vont se multiplier.
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Bordeaux, le 6 mars 2004. Manifestation contre le chômage et la précarité. La création du RSA ne va faire qu’augmenter la précarité et le nombre de travailleurs pauvres. Photothèque Rouge/Meno

Pour mettre en place le revenu de solidarité active (RSA) – un complément de ressources pour les bénéficiaires de minima sociaux –, Sarkozy a annoncé la taxation de 1,1 % des revenus du capital, provoquant ainsi de nombreuses réactions. Réactions houleuses dans son propre camp, où de nombreux députés UMP s’inquiétaient de cette « réforme de gauche », qui allait « accélérer l’expatriation des capitaux ! », regrettant de vive voix l’influence des « ministres socialistes » ! Au Parti socialiste, les réactions sont également partagées. Certains, comme François Hollande, pensent que les socialistes ont été « enfin entendus », et que cette « réforme » va dans « le bon sens » ; d’autres que c’est un tour de « passe-passe politique ». Mais, contrairement à ce que nous entendons, le RSA, loin de taxer le capital, a pour but de maintenir les revenus à un niveau très bas, tout en encourageant la généralisation d’emplois faiblement payés et à temps partiel.

Concernant le financement, le nouvel impôt touchera une très large partie de la population, notamment la plus modeste, possédant des assurances vies (environ 12 millions de personnes) ou des épargnes retraites. Concrètement, l’essentiel du financement sera supporté par les « classes moyennes » et touchera à la marge, voire pas du tout, les grosses fortunes. On est donc loin de taxer le vrai capital, comme celui des profits du CAC 40 ou même des stock-options.

Au-delà du financement du RSA, on peut s’étonner de l’absence totale d’opposition sur le fond à cette « réforme », qui entérine désormais la précarité, les bas salaires et les très petits temps partiels. Le choix du RSA, c’est le choix d’une société où se développe le travail précaire et dans laquelle le nombre de travailleurs pauvres augmente. Le gouvernement essaye de « vendre » cette nouvelle « réforme » en la faisant passer pour « sociale ». Elle aiderait les RMistes à retrouver un emploi… Mais de quelle sorte d’emplois s’agit-il ? Des petits boulots, des quart-temps, des mi-temps, payés entre 700 et 800 euros par mois !

Pour la LCR, une autre logique est possible : travailler moins pour travailler tous et toutes, avec l’augmentation de 300 euros net pour tous, aucun revenu ni minima sociaux en dessous de 1 500 euros net par mois, la restauration du contrat à durée indéterminée (CDI) à temps plein comme norme de l’emploi, l’arrêt immédiat de la « chasse aux privés d’emploi », l’interdiction des licenciements. À l’opposé du gouvernement, qui s’acharne à détricoter le droit du travail afin de favoriser la flexibilité et la précarité du travail…
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R
et les contrats avenir ou plutot "à venir"...Soeur Anne ne vois tu rien venir....Le NPA ...
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