Le comité d’animation national provisoire (CAN, instance nationale des collectifs pour un nouveau parti anticapitaliste) s’est réuni à Paris le 14 septembre.

Publié le par zuzu

Locminé (Morbihan), le 6 septembre 2008. Banderole du NPA 56, lors de la manifestation contre la fermeture de l’usine Doux. Photothèque Rouge/esteban

Locminé (Morbihan), le 6 septembre 2008. Banderole du NPA 56, lors de la manifestation contre la fermeture de l’usine Doux.

L’ordre du jour de la réunion du comité d’animation national (CAN) était très chargé, d’autant qu’il avait été décidé à la réunion précédente, au mois d’août, de faire en sorte que les uns et les autres puissent éventuellement participer à la fête de l’Humanité, et donc que la réunion se tienne sur une seule journée, et non sur la totalité du week-end. Près de 70 personnes, c’est-à-dire la quasi-intégralité des membres du CAN, y ont participé. Les débats ont été riches, productifs et de bonne tenue, témoignant de la vitalité du processus, de sa diversité, des rapports de confiance qui sont en train de se construire et de l’homogénéité des préoccupations qui s’expriment sur les principales questions.

L’essentiel du temps disponible a été consacré, d’une part, à la discussion concernant les activités de rentrée du NPA et la manière dont il s’inscrit dans les campagnes unitaires lancées au mois de septembre et, d’autre part, à la préparation du congrès de fondation, fixé aux 30-31 janvier et 1er février, après le congrès de dissolution de la LCR, le 29 janvier.

Mais la réunion a également permis d’avancer sur la question du mode de décision du CAN. Son statut provisoire, l’absence de statuts jusqu’au congrès rendent évidemment les choses compliquées sur le plan de sa légitimité. Désigné pour conduire et animer le processus constituant, il doit évidemment se faire le reflet le plus fidèle des discussions qui ont lieu dans les comités. Mais il lui faut aussi proposer du matériel, des initiatives dont les comités puissent s’emparer, ce qui permet de donner au NPA une visibilité et une homogénéité nationales. Par ailleurs, il arrive qu’il y ait des décisions à prendre dans des délais qui empêchent un débat préalable dans les comités. Le CAN a donc acté un fonctionnement pragmatique : il ne s’interdit pas de consulter les comités sur une question, tout en étant conscient qu’un tel dispositif, vu la diversité des rythmes de réunions et la nécessité d’un débat collectif sérieux, ne permet pas une réponse rapide. Mais, à moins qu’une question soit très sensible ou divise nettement le CAN, ce qui laisserait penser qu’elle divise également les comités, le comité d’animation national provisoire, instance large et représentative, est habilité à prendre des décisions.

À propos des activités de rentrée, le CAN fut confronté justement à cette situation : comment ne pas être absent des cadres unitaires récemment mis en place, contre le fichier Edvige, la guerre en Afghanistan, la privatisation de La Poste, même si tous les comités n’ont évidemment pas eu le temps d’en débattre ? Comment ne pas s’interdire de peser sur le cadre national des campagnes ? La question est d’autant plus aiguë que la LCR, quant à elle, y est présente en tant que telle et se retrouverait, en l’absence du NPA, en position de rapporter au CAN au sujet des initiatives, endossant ainsi une posture fort discutable : cela reviendrait soit à créer des conflits de légitimité, soit à placer le NPA en position subordonnée. Décision fut prise que le NPA soit partie prenante de l’ensemble de ces campagnes, et donc participe en tant que tel aux cadres unitaires. Le NPA portera donc, au cœur de la campagne unitaire contre la privatisation de La Poste, la préoccupation de lier la mobilisation des salariés et celle des usagers, avec notamment la question du référendum.

Concernant la campagne de rentrée du NPA, centrée sur la question du « pouvoir d’achat » prise au sens large (salaires, prix, transports, santé, services publics plus généralement), la finalisation (rédaction d’une note pour les comités, définition d’une journée d’action commune début octobre, adoption du matériel…) est confiée au secrétariat du CAN, qui se réunira lundi 22 septembre.

Trois textes en débat

L’après-midi a été consacrée à la préparation du congrès. La prochaine étape majeure est la réunion nationale des 8 et 9 novembre. Cette échéance doit être une réunion de travail afin de préparer le congrès. Elle ne peut donc être sur le même format que celles des 28 et 29 juin. Dès lors, deux principes d’organisation ont été actés : chaque comité envoie un délégué, deux au maximum, porteur(s) non d’un mandat précis mais de la discussion collective ayant eu lieu dans son comité. D’autre part, chaque délégué doit pouvoir participer à l’ensemble des discussions. Les débats, qui porteront sur les trois textes versés à la discussion, se feront donc en commissions, travaillant au même moment sur le même texte avec ensuite une réunion de rapporteurs chargés de faire une synthèse des discussions et amendements. Ces principes devraient permettre de produire des documents qui soient le reflet des débats ayant eu lieu dans les comités entre septembre et novembre.

Dès lors, il restait à discuter des textes eux-mêmes, de leur contenu et du moment à déterminer pour les envoyer dans les comités. À cette fin, le CAN s’est partagé en trois groupes de travail : l’un sur le programme, le second sur le fonctionnement, le troisième sur l’orientation générale. Il ne revient évidemment pas au CAN de fournir des documents finalisés, rédigés, tranchant des discussions encore en cours. L’objectif est de susciter le débat dans les comités, afin de permettre un premier aller-retour sur l’ensemble des questions en débat. Dans les trois commissions, l’accord s’est fait sur l’idée d’un envoi le plus rapide possible de textes semi-rédigés ou sous forme de plans détaillés. Ces premiers textes vont donc être envoyés à l’ensemble des comités dans les jours qui viennent, de manière à ce que la discussion puisse commencer. La réunion de novembre permettra de mettre en lumière les principaux points en débat. La prochaine réunion du comité d’animation national provisoire est prévue le week-end des 11 et 12 octobre.
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