PLANS DES GOUVERNEMENTS

Publié le par zuzu


Nationalisations dans l’intérêt du capital


Deux importantes réunions de crise se sont tenues, vendredi 10 octobre et dimanche 13 octobre : le G7, à Washington, puis une réunion européenne autour de Nicolas Sarkozy.

L’ensemble des annonces faites, lors des deux réunions de crise organisées les 10 et 13 octobre, marquent une inflexion par apport au plan Paulson. Dans ce plan, l’élément central était la création d’un fonds destiné à racheter les « créances toxiques » des banques. Les nouvelles mesures y ajoutent d’abord une garantie d’État accordée aux prêts entre banques (jusqu’à un montant de 320 milliards d’euros pour la France). L’autre mesure essentielle est l’entrée des États dans le capital des banques (40 milliards d’euros sont prévus en France à cette fin).

Le Monde a titré : « La réunion des ministres des finances du G7 soutient l’idée d’une nationalisation partielle de banques. » Le même journal avait aussi utilisé le mot « nationalisation » à propos de l’Angleterre. C’est, certes, une évolution importante du discours des libéraux depuis plus de vingt ans. Mais ces « nationalisations » n’ont rien à voir avec la socialisation du crédit rendue plus nécessaire que jamais par la crise.

Ce ne sont même pas des nationalisations, au sens que ce terme a toujours eu, à savoir le transfert à l’État de la propriété et donc du pouvoir de décision. Dans le cas anglais, le gouvernement recevra, en contrepartie des 50 milliards de livres venant du contribuable, des actions d’un type spécial, sans droit de vote. Pour ce qui est des États-Unis, le secrétaire d’État au Trésor, Paulson, a précisé que les parts du capital des banques acquises par l’État ne correspondraient pas à des droits de vote, sauf pour « protéger les droits d’actionnaires ». Malgré les discours officiels sur la nécessité de transformer la façon dont fonctionne la finance, les gouvernements anglais et américains, renoncent donc, par avance, à imposer des règles du jeu différentes. Gageons que ce sera le cas dans plusieurs des autres pays qui recourront à ce type d’action dans les prochains jours. Au-delà des détails techniques, il s’agit surtout d’utiliser le fait que les marchés, par les temps qui courent, font plus confiance à la solidité des États qu’à celle des agents économiques privés pour renflouer les banques.

Il faut que les banques soient vraiment soustraites au pouvoir des actionnaires privées. Cela doit se faire sans indemnité ni rachat (sauf pour les petits actionnaires). Cette expropriation des banquiers ne signifie en aucun cas l’expropriation des petits et moyens dépôts bancaires ; au contraire, c’est une garantie pour eux.

Surtout, cela doit conduire à changer les pratiques bancaires pour que les banques financent l’économie et servent aux particuliers. La création d’un pôle financier public, avec éventuellement plusieurs banques selon le type de dépôts et de crédits, est nécessaire. Le crédit socialisé doit être mis au service de nouveaux choix économiques. Mais ces nouveaux choix ne seront faits que si la mobilisation les impose.

Pour l’instant, sauver les banques est la seule préoccupation des gouvernants. Loin d’eux, l’idée de s’occuper des retombées que va avoir la crise sur la masse de la population. Sur les chômeurs, par exemple. L’économiste américain Joseph Stiglitz soulignait récemment qu’une des mesures les plus urgentes à prendre, aux États-Unis, était l’allongement des allocations-chômage, limitées aujourd’hui à 26 semaines. Or, la crise va durer bien plus de vingt-six semaines ! En le faisant, on aide ceux qui perdent leur emploi, mais on soutient aussi l’économie.

En France, il va falloir que le mouvement social prenne en charge cette revendication, surtout au moment où va se renégocier, à la fin de cette année, la convention Unedic, et où patronat et gouvernement pourraient être tentés de faire de nouvelles économies sur le dos des chômeurs. De façon générale, les dépenses sociales (chômage, retraites, santé, logement) sont le meilleur moyen de réduire les conséquences de la crise pour la masse de la population. Mais aussi de soutenir la demande et, ainsi, de limiter la grave dépression économique qui se précise. 
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