Ni le dimanche, ni jusqu’à 70 ans

Publié le par zuzu

Le chômage augmente, mais les députés UMP, eux, ne chôment pas. Dommage ! Début novembre, lors du débat sur le budget de la Sécu, ils ont fait passer un amendement « permettant aux salariés qui le souhaiteraient de travailler jusqu’à 70 ans ». Et, d’ici la fin de l’année, ils examineront une proposition de loi pour autoriser le travail le dimanche.

Si cette loi est adoptée, elle rendra immédiatement possible le travail du dimanche pour 7 à 8 millions de salariés, au lieu des quelques centaines de milliers actuellement autorisés, et elle ouvrira la porte à tous les autres. Déjà, les salariés qui travaillent le dimanche sont nombreux, mais l’enjeu est d’en faire une journée comme les autres. Finies alors les contreparties et les limites. Travail du dimanche ou âge de la retraite, comme durée du travail ou heures supplémentaires, le gouvernement et sa majorité nous font toujours le même coup, celui de la liberté des salariés. Volontariat, mon œil ! Le député UMP à l’origine du projet de loi brandit le droit de refus du salarié comme l’arme absolue face à l’employeur. Mais où est le droit de refus des salariés, et plus encore des femmes salariées, majoritaires dans le secteur du commerce, quand elles sont précaires, quand on ne leur propose qu’un temps partiel incluant le dimanche, quand l’acceptation du dimanche est déjà un critère d’embauche ou de promotion, quand leur maigre salaire est une question de survie ?

L’entreprise n’est pas un lieu de liberté et d’égalité, mais d’exploitation et de subordination. Il n’y a aucune liberté pour les salariés de choisir ni leurs jours, ni leurs durées, ni leurs organisations, ni leurs conditions de travail… Les seuls droits des salariés sont ceux qu’ils ont réussi à imposer par leurs mobilisations pour mettre quelques limites à la dictature patronale à l’intérieur des entreprises. Par exemple, la loi de 1906, aujourd’hui remise en cause, qui a accordé aux salariés de l’industrie et du commerce un repos de 24 heures fixé au dimanche après six jours de travail, a été gagnée par le mouvement des employés du commerce.

Ce que la mobilisation a gagné, la mobilisation seule peut le défendre et l’étendre. 

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