Tous ensemble, maintenant !

Publié le par zuzu

François Fillon l’a affirmé sans rire, il y a quelques jours : « Pas de récession en France pour le moment. » N’ayant toujours pas peur du ridicule, sa ministre de l’Économie, Christine Lagarde, a annoncé, vendredi 14 novembre, que, « grâce à une augmentation inattendue de 0,14 %, la France n’est pas techniquement en récession » ! Nous voilà rassurés !

Même si tous les voyants sont au rouge, même si l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) s’est montrée très pessimiste, annonçant une récession en Europe, aux États Unis et au Japon, avec une forte hausse du chômage à la clé, même si le Fonds monétaire international (FMI) a indiqué que la France devrait être touchée par la récession, tout comme la zone euro, le Premier ministre, toujours lui, persiste et signe : « Parler de récession, c’est casser inutilement le moral des entreprises et des consommateurs, c’est aggraver psychologiquement la situation. » Et, enfin, questionné sur ses choix budgétaires face à la crise, il lâche tout de go : « Ce qui compte, c’est de tenir les dépenses. »

Nous y voilà! Il n’y a pas de crise mais, face à la récession (qui n’existe pas !), on continue à aligner les mauvais coups pour la majorité de la population, en continuant à s’en prendre aux services publics, en s’en prenant toujours plus aux acquis sociaux et aux droits des travailleurs. De discours en discours, Sarkozy s’est montré très clair, il s’agit d’aller toujours plus loin dans les attaques : reculer l’âge de la retraite jusqu’à 70 ans, imposer le travail le dimanche, multiplier les CDD, et donc développer la précarité.

Rien à attendre non plus de la réunion du G20, sommet des grandes puissances et des principaux pays émergents, qui s’est tenue samedi 15 novembre à Washington. La première déclaration a consisté à rappeler l’attachement des dirigeants de la planète à « l’économie de marché, essentielle pour la croissance économique et la prospérité », et la nécessité d’éviter « une régulation excessive » du secteur financier ! Les Bourses, les spéculateurs de tout poil, les puissants de ce monde sauront apprécier. Quant aux autres, c’est-à-dire l’écrasante majorité, c’est la crise qu’ils continueront à subir de plein fouet, en particulier les plus pauvres.

Le président de la République française a parlé d’un « sommet historique » pour un pétard mouillé censé donner le change à des populations de plus en plus inquiètes et révoltées devant le vrai et seul visage du système capitaliste, un système destructeur et inhumain.

Sarkozy et ses alter ego continueront à faire payer, ou à vouloir faire payer, la crise aux couches populaires, aux travailleurs, aux jeunes. Une riposte d’ampleur est nécessaire, c’est-à-dire un mouvement d’ensemble qui exige un plan d’urgence pour le monde du travail. Pour cela, on ne peut pas compter sur le Parti socialiste, qui vient de tenir son congrès à Reims (lire page 11). Image pathétique d’un parti en crise, incapable de sortir avec une orientation susceptible de proposer le début d’une contre-offensive à la droite. En réalité, on ne doit rien attendre d’un parti dont le libéralisme est l’horizon indépassable et qui se déchire pour son leadership.

Face à leur crise, c’est le moment de se mobiliser pour nos revendications. Dans l’Éducation nationale, le gouvernement veut supprimer 13 500 postes. L’ensemble du système éducatif est profondément attaqué, dans le premier comme dans le second degré : en plus des suppressions de postes, la disparition des réseaux d’aides pour les élèves en difficultés (Rased), la contre-réforme des lycées, la disparition des BEP, ont pour objectif d’empêcher le service public d’Éducation de fonctionner.

Le 20 novembre, les principaux syndicats des enseignants appelaient les personnels à la grève. Cela doit être le début d’une mobilisation plus large contre la politique de Darcos et contre la politique de casse de tous les services publics.

L’autre rendez-vous concernera la défense de La Poste. Après le succès de la grève des postiers, le 23 septembre dernier, les principales organisations syndicales et les collectifs unitaires se donnent rendez-vous dans la rue, le 22 novembre. L’ouverture du capital de La Poste demeure. Là encore, cette journée doit être une réussite et annoncer le début d’une riposte plus générale.

Mais la tâche de l’heure, c’est bien de faire converger toutes les résistances, d’aider à la constitution et à la consolidation des fronts unitaires pour les services publics, pour les salaires, contre la crise. Les salariés de l’automobile ont commencé à montrer la voie, tout comme les salariés d’Air France et les cheminots. Les personnels de l’Éducation nationale et des salariés de La Poste leur emboîtent le pas.

Pour affronter la droite, pour refuser de payer leur crise, pour porter nos revendications, pour répondre aux besoins sociaux, il faut un mouvement qui aille jusqu’au bout, sans concession, un mouvement interprofessionnel, un « tous ensemble » capable d’ébranler le système.

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