CHÔMAGE TECHNIQUE

Publié le par zuzu

Exiger 100 % du salaire

Chaque jour, des « mesures » nouvelles s’ajoutent à celles déjà annoncées. C’est le cas à propos du chômage partiel, qui se répand aussi vite que le chômage total.

 

 

Alors que le chômage total est en pleine « croissance » (lire ci-dessous), c’est par dizaines de milliers que les entreprises mettent aujourd’hui leurs salariés en chômage partiel. Le sinistre a commencé par l’automobile, mais il s’étend gravement

Pour mémoire, le chômage partiel touchait 300 000 salariés en 1993, « année noire ». Puis il avait fortement décru. Début 2008, il remonte en flèche (89 000 en début d’année) et explose cet automne. C’est par mois entiers de congés forcés, souvent payés à 50 % du salaire, que PSA, Renault, Faurecia, Toyota, Michelin poussent leurs salariés dehors. Avec ce que cela implique d’angoisses (fermetures prochaines ? licenciements ? délocalisations ?), et de sentiments de dévalorisation. Sur le thème : c’est la crise, vous ne servez plus à rien. Bon Noël, en attendant. « Prenez vos RTT, leur dit-on, et même les congés 2009 par anticipation ! » Le cynisme absolu.

Évidemment, le « président » des « Français qui se lèvent tôt » est conscient que la plaie sociale peut prendre des tournures imprévisibles. Les salariés de Renault Sandouville l’ont interdit de parole sur leur site. Cela pourrait se généraliser. Sarkozy tient donc lui-même la lance à incendie, et il multiplie les admonestations au monde entier. Il veut à la fois augmenter le chômage partiel autorisé de 600 à 800 heures, et même 1000 heures cumulées par an, soit les deux tiers d’une année au chômage ! Il veut accroître la durée consécutive possible du chômage partiel de quatre à six semaines. Il veut que l’indemnisation minimum passe au Smic (au lieu de 51 %). Il veut que les contrats de transition professionnelle (CTP), expérimentaux, s’étendent de sept bassins d’emplois à 25 : les salariés licenciés des entreprises de moins de 1 000 salariés y sont payés à 80 % du salaire brut pendant un an. Il veut que le congé de reclassement (CRP), système plus général pour les entreprises de plus de 1 000 salariés, moins généreux en indemnisation, soit remis en chantier dès la négociation en cours sur l’Unedic. Enfin, il prépare un plan de relance (23 milliards d’euros au moins), avec des mesures « à effet immédiat » (Le Monde du 29 novembre), c’est-à-dire avec relance des investissements et de la demande (prime de Noël…).

Sarkozy manie les « plans », les « mesures exceptionnelles », les milliards d’euros. Qui s’y retrouve ? L’industrie automobile, pour ne prendre que cet exemple, est certes percutée de plein fouet. C’est 60 ans au moins de moteur économique de toute une société qui s’enraye. Or, il n’est pas possible de défendre par exemple une distribution massive des ristournes à l’achat de petites bagnoles sans planification écologique d’ensemble. Même la Chine le comprend ! Un plan d’ensemble est donc nécessaire.

Mais la première mesure, c’est la sécurité absolue du salaire, maintenu à 100 %, quels que soient les statuts d’emploi (intérim, CDD, CDI), ou l’importance des sociétés (grand groupe ; PME). Même si les ventes chutent, l’importance des dividendes versés aux entreprises du CAC 40, par exemple (59 milliards en 2007), montre que l’argent existe. Partout, les donneurs d’ordre doivent payer la totalité des salaires, en cas de chômage, y compris pour les sous-traitants. Et le contrat de travail doit être maintenu.

Mais, puisque les syndicats annoncent « quelque chose » (?) en janvier, il s’agit de fixer un objectif revendicatif interprofessionnel. C’est bien l’intégralité du salaire qu’une loi instaurant un fonds de péréquation interentreprises doit garantir. Et absolument pas par de l’argent public, comme certains syndicats le disent, telles FO ou même la CGT, qui se demandent « combien l’État va mettre au pot ». Une sorte de branche supplémentaire de la Sécurité sociale s’impose, financée intégralement par les cotisations patronales, seule mesure générale à la hauteur du bouleversement actuel. 

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