Les gouvernements des pays développés mettent en place des plans visant à encourager la production. Certains sont volontaristes, d’autres timorés. Aucun ne remet en cause la loi du profit.

Publié le par zuzu

Les plans de relance font rebondir les Bourses », titrait Le Monde du 30 novembre et 1er décembre. On ne saurait mieux résumer les divers plans en préparation à travers le monde. Les boursiers ne s’y trompent pas, tous ces plans cherchent à maintenir leurs profits. Pour y parvenir, les méthodes peuvent être différentes selon les contextes nationaux.

La première différence porte sur l’ampleur des moyens. L’Europe, mise à part la Grande-Bretagne, apparaît beaucoup plus timorée que les États-Unis. Barack Obama a déclaré qu’il ne fallait pas « nous inquiéter du déficit cette année ni même l’année prochaine ». Le Premier ministre britannique, Gordon Brown, a annoncé un plan de soutien à l’économie qui pourrait entraîner, en 2009, un déficit budgétaire de 8 % du PIB. Face à cela, les mesures que le Conseil européen devrait adopter, le 10 ou le 11 décembre, apparaissent beaucoup plus limitées. L’Europe n’ayant qu’un budget réduit, l’essentiel est renvoyé au niveau des États qui sont invités à s’écarter le moins possible des règles de Maastricht. L’Allemagne, en particulier, maintient, pour l’instant, le cap de la rigueur budgétaire.

La deuxième nuance porte sur les instruments choisis. Gordon Brown prévoit une baisse de la TVA compensée, à l’horizon 2010, par une hausse de l’impôt sur le revenu pesant sur les plus riches. Même si cette annonce est surtout inspirée par la proximité des élections, elle ébrèche un des tabous du libéralisme, qui a pratiqué partout la baisse des impôts pour les revenus élevés. La France et l’Allemagne ont écarté l’idée de baisser la TVA, sauf peut-être sur l’automobile, et une hausse de l’impôt sur le revenu n’est même pas évoquée.

Ces divergences correspondent à des stratégies politiques différentes. L’arrivée d’Obama au pouvoir a rassuré les intérêts dominants .Son équipe de conseillers économiques a joué, sous Clinton, un rôle moteur dans la libéralisation des marchés financiers. Il veut apparaître à son électorat comme un nouveau Roosevelt. Pour gagner les élections, Gordon Brown doit apparaître en rupture avec Blair, alors qu’il a constamment été son ministre de l’Économie. Les sociaux-démocrates allemands, dans une coalition avec les chrétiens-démocrates, ne sont pas décidés à adopter le cours légèrement plus à gauche que supposerait une alliance avec Die Linke.

Quant à Sarkozy, il multiplie les discours avant d’annoncer un plan qui devrait comporter des aides aux secteurs de l’automobile et du bâtiment. Mais, pour l’essentiel, sa politique ne fait rien contre la crise, voire l’aggrave. Le budget 2009 reste un budget de rigueur. Les négociations sur l’assurance chômage se déroulent sous pression conjointe du gouvernement et du patronat. Alors que les circonstances nécessiteraient une augmentation des fonds disponibles pour les allocations, c’est une baisse des cotisations des entreprises qui est programmée. Pas question, pour lui non plus, de renoncer aux mesures sur le temps de travail, notamment les exonérations en faveur des heures supplémentaires. Le bouclier fiscal est intouchable. À l’ordre du jour, la poursuite de la réduction des effectifs dans l’Éducation et la libéralisation du travail le dimanche, dont un rapport réalisé par le Credoc vient de montrer qu’elle détruira des emplois dans le commerce alimentaire. Au sujet des baisses de production dans l’industrie, une extension du contrat de transition professionnelle et des mesures sur le chômage partiel sont annoncées. Ce ne sont que des emplâtres qui ne répondent pas à la situation des salariés concernés et ne concernent pas les intérimaires, premières victimes des compressions d’effectifs.

Crise ou pas, le Medef ne veut rien lâcher et Sarkozy ne s’en démarque en rien. C’est pourquoi le CAC 40 a gagné 13,24 %, la semaine dernière.

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