COMMENT CONTINUER ?

Publié le par zuzu

Clarifier les revendications !

« Changer le rapport des forces », titre le tract CGT d’appel au 29. FO a parlé de « bloquer le pays ». Solidaires mobilise pour une grève massive, afin d’être « forts pour continuer ». La FSU s’inscrira « dans la construction de nouvelles actions interprofessionnelles […] le plus tôt possible ». Le débat sur « l’après-29 » a donc commencé, parce que le syndicalisme joue gros, après les défaites de 2007-2008. La puissance politique du 29 janvier peut montrer que l’horizon n’est plus bouché par l’hyperprésident. D’autres projets peuvent jaillir, et déchirer l’agenda des contre-réformes. À condition, bien sûr, qu’il y ait des suites et une détermination visible, qui donne confiance.

Car le pouvoir va réagir en tentant de désamorcer la contestation et d’amener les syndicats à cogérer les mesures qu’il prend sur l’emploi (rendez-vous réguliers avec Patrick Devedjian, ministre de la Relance, et avec les préfets), au nom d’une « unité nationale » appelée par François Fillon. Sarkozy, après avoir vitupéré contre SUD-Rail, s’est fait sirupeux dans ses vœux aux syndicats.

Les huit organisations se revoient le 2 février, et c’est un bon signe. Une double préoccupation émerge. La première est de maintenir la mobilisation interprofessionnelle avec des échéances précises. Toute préparation sérieuse demande évidemment du temps, comme le vérifient les syndicalistes de l’automobile, discutant d’une mobilisation coordonnée sur l’emploi. Chaque secteur actuellement en résistance ne voudra pas lâcher la pression : l’école, la santé… Mais des mobilisations sectorielles fortes ne seront efficaces que si elles sont insérées dans un plan d’action général. L’entrée en lutte prolongée d’une branche pourrait changer radicalement la donne.

Mais, pour garantir un rapport de force durable, à l’exemple du CPE, et couper court aux manœuvres élyséennes, la première condition est la précision revendicative, en dépassant le flou de l’appel du 5 janvier. Rien ne serait pire qu’une logique où le syndicalisme voudrait seulement être invité à prénégocier, ou rééquilibrer les mesures annoncées en rafale. Or, sur le plan confédéral, qu’est-ce qui sera réellement exigé au lendemain du 29 ? À part l’abandon des 30 000 suppressions de postes dans la fonction publique, c’est le brouillard. Les syndicalistes peuvent s’emparer du problème, en mettant en place des espaces publics d’échanges, pour consolider à la fois l’unité et son contenu. Pourquoi serait-il impossible de préciser clairement les choses, comme en Guadeloupe, où les syndicats unis ont une plateforme précise (lire ci-dessus) ?

La liste des questions urgentes commence par les salaires. Alors que Sarkozy fait valser les milliards, le syndicalisme ne peut en rester à une « démarche » sur le pouvoir d’achat. 300 euros pour tous, c’est l’équivalent de ce qui a été volé aux salariés, annuellement, dans la répartition de la richesse pour aller à la spéculation. Il faut les récupérer ! Ne pas reverser de dividendes (ce que ne dit pas clairement l’appel du 5 janvier), cela doit servir d’abord à cela. Ainsi qu’à maintenir les salaires intégralement en cas de chômage partiel.

La question des chômeurs est un test décisif. La CFDT est minoritaire, l’accord Unedic scélérat doit être mis au panier. Renégocier ? Il faudrait d’abord préciser sur quoi. Non seulement, aucune baisse de cotisation n’est acceptable, mais il faut les augmenter. Afin d’indemniser 100 % des chômeurs et d’augmenter leurs allocations au moins autant que les salaires. Aucun licenciement n’est tolérable. Le rapport de force retrouvé permettrait d’exiger une mesure politique immédiate de blocage, suivie d’une loi d’interdiction. Les plans Darcos et la loi Bachelot ne doivent pas passer. La négociation sur les retraites complémentaires commence, c’est le moment d’exiger clairement les 75 % garantis pour le taux de remplacement, à 60 ans et pas un jour de plus.

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