DECRETONS L'ETAT D'URGENCE SOCIALE!

Publié le par zuzu

Le bal des hypocrites

Que dire du dernier discours de Nicolas Sarkozy à Saint-Quentin, mardi 25 mars? Indécence ou hypocrisie? Sans aucun doute les deux. Après le scandale des stock-options des dirigeants de la Société générale, la révélation du golden parachute de 3,2 millions d’euros de Thierry Morin, ex-PDG de Valeo - qui licencie 1 600 personnes et qui a reçu 19 millions d’euros de l’Etat, Sarkozy  a réaffirmé qu’il ne «doit plus y avoir de bonus, de parachutes dorés ou de stock-options dans une entreprise qui reçoit une aide de l’Etat ou qui met en œuvre un plan social d’ampleur». Même duplicité larmoyante, le même jour par Chatel, porte-parole du gouvernement, « choqué » par ce type de rémunérations! Le Médef  obligé de réagir somme l’ex-patron de Valeo de «renoncer immédiatement» à ses indemnités.  Lundi 30 mars, Fillon présente le décret du gouvernement : ledit décret interdit jusqu'à fin 2010 les stock-options et actions gratuites pour les dirigeants de ces entreprises aidées par l'Etat, et encadre voire interdit les bonus en cas d'importants licenciements. Fin de l'épisode? Pas sûr mais le pouvoir et le Médef souhaitent, par cette mesurette, calmer la colère qui monte dans le pays.


L'arbre qui cache la forêt

Car il s'agit bien d'une mesurette : champ d'application restreint et durée très limitée dans le temps. Pourquoi un décret et pas une loi? Le Médef n'en voulait pas, les patrons ont ainsi échappé au débat public et aux contraintes d'un texte législatif. Manque de bol pour Sarkozy, le nouveau scandale du jour, avec l'annonce de la retraite de 1 million d'euros par an de Daniel Bouton (président de la société générale), prouve que ce décret n'est que de la poudre aux yeux. La rémunération exorbitante des grands patrons est bien l'arbre qui cache la forêt. Ce décret  gommerait les excès « voyants » en période de crise, mais il ne remet absolument pas en cause le principe même des stock-options, des primes, avantages et autres bonus.  L'essentiel est ailleurs, dans la logique même du capitalisme : au nom de la concurrence, de la course au profit, les salariés trinquent, pas d'augmentation de salaires, licenciements en cascade,   dans l'intérêt des seuls actionnaires.


Etat d'urgence sociale

C'est bien l'interdiction des stock-options et des bonus qu'il faut exiger avec les mesures d'urgence suivantes: interdiction des licenciements, des suppressions de postes dans les services publics, augmentation de 300 euros net pour tous et suppression de la TVA sur les produits de première nécessité. C’est pourquoi le NPA s’adresse à toutes les forces de la gauche syndicale, sociale et politique afin que toutes les mobilisations qu'on trouve localement en cascade dans les  entreprises du public comme du privé, tant sur les salaires que sur l'emploi, trouvent le chemin des convergences, seul chemin à suivre si on veut battre le pouvoir Sarkozy et le patronat. Même si à l'appel des syndicats, nous manifesterons ensemble le premier mai, il y a urgence pour riposter avant. C'est dés maintenant qu'il faut agir!

UN ARTICLE de LA DEPECHE DU MIDI

 

L'entreprise ESK, 97 salariés, n'exclut pas la fermeture

Forte baisse d'activité et inquiétude des salariés dans les entreprises du pôle céramique de Bazet.

Quel avenir pour ESK et au delà, pour les céramiques techniques à Bazet ? Photo P.C.
Quel avenir pour ESK et au delà, pour les céramiques techniques à Bazet ? Photo P.C.
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Une note « à l'attention de la délégation unique lors de la réunion ordinaire du 6 mars ». Transmise aux syndicats, elle émane de Jeff Jansenn, président d'ESK Ceramics France. Cinq phrases… mais tout est dit : « Depuis le début de cette année, le groupe ESK affronte une baisse d'activité de plus de 30 %. Depuis février, les deux entités allemande et française ont des résultats opérationnels négatifs. Ceradyne (propriétaire d'ESK ndlr) a demandé vendredi dernier aux dirigeants d'ESK d'examiner tous les moyens pour revenir à l'équilibre des comptes. Aucune décision n'a été prise à ce jour et toutes les solutions seront examinées. Toutefois nous ne pouvons exclure des réductions d'effectifs ni même une éventuelle fermeture du site de Bazet » résume ainsi Jeff Jansen, (qui n'a pu être joint hier étant en déplacement).

effet domino
Et de quoi inquiéter, du côté de Bazet, donc. Car ESK, ce sont 97 emplois qui font tourner cette usine de production de joints d'étanchéité pour des pompes destinées au marché automobile (30 %) et à l'industrie chimique (70 %). 8, 475 M € de chiffre d'affaires en 2007, 7, 236 M€ en 2008… « lundi prochain nous attaquerons notre deuxième semaine de chômage partiel et d'ores et déjà, tous les CDD ont été annulés en janvier. La chimie ne commande plus et par effet domino, en tant que fournisseur, nous subissons de plein fouet la crise du marché de l'automobile. 20 % de commandes en moins chez les constructeurs auto ça se traduit par 30 % à 40 % en moins chez les fournisseurs. C'est une crise conjoncturelle. » explique Véronique Platel, déléguée CFDT de l'entreprise, tout en rappelant qu'ESK France a fait en son temps un choix : « miser sur l'automobile et les grandes séries ». De fait, révolue l'époque où l'on travaillait aussi pour les sous-marins nucléaires et la F1. Pierre Deny parti de l'autre côté de la rue fonder Boostec, au premier rang mondial désormais dans l'optique spatiale, « il n'y a plus de réels projets, nous ne sommes plus qu'une unité de production » constate-t-elle avant de conclure, désormais dans l'attente du mois de mai « où une décision devrait être prise » : « la direction du travail a été alertée, le préfet aussi ». Et des propos qui trouvent écho du côté de la SCT et de Pall Exekia, les deux autres entreprises du « Pôle Céramique » de Bazet. 42 départs volontaires en décembrepour un solde de 116 salariés chez SCT et un CA « qui va passer de 23 M€ à 10 M€ avec la perte de General Electric notre principal client, pas de commandes qui rentrent actuellement » constate Jean-Marc Massip, délégué syndical CFDT. « 50 % de temps partiel en février et mars, un petit redémarrage en avril, mais aucune visibilité au delà » explique à présent Francis Casanave, délégué CFDT de Pall Exekia, 60 salariés. « Au delà de la crise, le problème, c'est qu'il n'y a plus de réelle recherche ni de développement qui auraient permis de se relancer mais aussi que le « Pôle céramique » de Tarbes, rattaché à Limoges ne bouge pas. Qu'il n'a représenté aucune avancée pour nous » conclut Joseph Fourcade, pour la CFTC.

Vers une intersyndicale ?

Préoccupations communes des salariés quant à l'avenir des trois entreprises, mais aussi unité de métiers, unité géographique et unité d'origine, à travers la Ceraver : forts de ce constat, les syndicats des trois entreprises réfléchissent à la constitution d'une intersyndicale et se sont réunis hier matin pour y travailler.

 

 

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