Sommet du G20 : « Cessez de faire payer la crise aux peuples »

Publié le par zuzu


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La mascarade des sommets du G20 et du G8 rencontre de plus en plus de contestation sociale dans le monde entier.

les 11 et 12 novembre se sont rassemblés à Séoul les représentants des pays les plus riches et des pays émergents1, 20 pays qui génèrent à eux seuls plus de 90 % de la richesse mondiale. Les Français avaient leurs poids lourds : Dominique Strauss-Kahn y était pour le FMI et Laurence Parisot accompagnait Sarkozy dans son tout nouvel avion présidentiel.
Des désaccords entre les puissants de ce monde se sont exprimés sur à peu près tous les sujets de l’agenda du G20 et les tensions ont été telles que le sommet a accouché d’une déclaration d’intentions minimaliste qui n’est même pas un compromis. La guerre des monnaies s’intensifie, la récente dévaluation du dollar par l’injection massive de billets verts dans l’économie et la sous-évaluation du yuan chinois dopent les exportations des États-Unis et de la Chine mais menacent, selon les autres pays, l’économie mondiale et risquent d’intensifier la crise financière et géopolitique.
Il serait cependant un peu hâtif de se féliciter de ces divisions qui remettent à plus tard la coopération économique notamment la réforme annoncée du système monétaire mondial car, sur le terrain social, il y a accord ! Les politiques néolibérales menées par tous les pays du G20 s’accordent sur la remise en cause globale des conquêtes sociales.
Sarkozy a pris la présidence du G20 à Séoul et il prendra celle du G8 à partir de janvier. Des sommets officiels vont se dérouler tout au long de l’année 2011 sur le territoire français, qui connaît un des plus grands mouvements sociaux depuis le début de la crise, où le pouvoir est massivement défié et rejeté par la population. Sarkozy ne veut pas parler de « crise » lors des prochains sommets du G8 et du G20. Il souhaite en terminer avec les mobilisations avant les présidentielles de 2012. Eh bien défions-les, lui et les puissants de ce monde.
À chaque rendez-vous officiel des G8/G20, des sommets alternatifs précédés de manifestations sont organisés. À Séoul, plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées à l’initiative d’ONG et du syndicat KCTU (seconde centrale coréenne) derrière les slogans « cessez de faire payer la crise aux peuples » et « stop G20 ». Un hallucinant dispositif policier a été déployé pour contenir les contestataires et de nombreux membres d’ONG étrangères ont été interdits d’entrée sur le territoire. Les puissants se protègent car les résistances s’intensifient en Asie, en Afrique, en Amérique latine et en Europe.
L’enjeu de la contestation altermondialiste est d’unifier les luttes de résistance à l’échelle mondiale et d’amener sur le terrain social la réflexion sur les réponses à apporter à la crise et les alternatives de société.
Le NPA participe aux réunions du collectif unitaire national qui s’est mis en place pour organiser les prochains contre-sommets de juin 2011 à Deauville pour le G8 et de novembre 2011 à Cannes pour le G20 : des villes « casino » ont été choisies pour les sommets officiels, symboles du règne de l’argent et de la finance !
Les expériences de désobéissance du mouvement altermondialiste et écologiste (train de déchets radioactifs) peuvent faire écho aux blocages organisés par des milliers de salariés, de jeunes et d’équipes syndicales cet automne en France.
Mettons-nous à rêver… En juin 2011, Deauville et les aéroports français bloqués...
En novembre 2011, des centaines de milliers de manifestants à Cannes et un pays bloqué…

1. Afrique du Sud, Allemagne, Arabie saoudite, Argentine, Australie, Brésil, Canada, Chine, Corée du Sud, États-Unis, France, Inde, Indonésie, Italie, Japon, Mexique, Royaume-Uni, Russie, Turquie, Union européenne. Outre ces membres, sont invités l’Espagne et les Pays-Bas, ainsi que deux organisations internationales : la Banque mondiale et le FMI.

 

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