Conseil national du PCF : je te tiens, tu me tiens par la barbichette

 
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Ainsi, dans les marchandages avec ses partenaires, le PCF exige d’avoir 80 % des circonscriptions, pour l’essentiel là où la gauche du PS fait ses meilleurs résultats, ce qui est difficile à avaler pour ses partenaires, d’autant qu’à la clé il y a la question du financement des partis politiques.

Le Front de gauche n’est pour le PCF qu’un cartel électoral conçu comme un instrument dont le rôle essentiel est de contenir son érosion électorale et de réaliser son objectif essentiel qui est « d’obtenir demain le maximum de députéEs communistes dans l’intérêt des populations ». Rassembler les forces qui se situent à la gauche du Parti socialiste sur la base d’un programme de rupture avec le capitalisme n’est nullement dans ses intentions et d’ailleurs le NPA n’est pas cité une seule fois dans le rapport, même lorsqu’il évoque sans enthousiasme d’ailleurs le résultat des cantonales dans le Limousin. Autre esquive du secrétaire national du PCF, la question de la participation à un gouvernement dirigé par le Parti socialiste. Bien sûr, des critiques sont émises sur le programme du PS, mais il n’est jamais dit, ni que ce programme est parfaitement compatible avec l’orientation préconisée par un Dominique Strauss-Kahn, président du FMI ni que le PCF ne participera pas ou ne soutiendra pas un gouvernement qui mettrait en œuvre un tel programme.

De réelles dissonances sont perceptibles au sein du Front de gauche. Ainsi en est-il de la résolution votée par le Conseil national du Parti de gauche qui s’est tenu les 9 et 10 avril qui propose notamment d’ouvrir « des discussions avec le NPA afin de leur renouveler clairement une proposition d’alliance pour ces élections. Tout doit être tenté pour rassembler l’autre gauche jusqu’au parti d’Olivier Besancenot ». Il n’est plus question ici de ralliement du NPA au Front de gauche mais d’alliance politique. Elle entre en concordance avec la résolution votée par le Conseil politique national du NPA : « Sur ces bases, le NPA se bat pour un rassemblement anticapitaliste pour agir dans les prochaines mobilisations sociales et en vue d’une campagne commune pour les prochaines échéances électorales. […] Nous ferons connaître publiquement cette proposition, notamment par l’activité militante des comités du NPA, et à toutes les forces politiques, syndicales, associatives (LO, AL, PCF, PG, GU, Fase dont les Alternatifs, écologistes radicaux, CGT, Solidaires, FSU, CNT, Attac, Copernic…). À cette fin, nous rencontrerons chacune de ces organisations sous les formes appropriées. »

Le NPA a proposé au Parti de gauche de se rencontrer prochainement. Ce sera l’occasion de discuter du contenu d’un programme de rupture avec le capitalisme à défendre lors des prochaines échéances électorales, de la nécessaire indépendance à l’égard du Parti socialiste, enfin de la meilleure candidature possible pour rassembler la gauche anticapitaliste, et de vérifier ainsi les possibilités ou non d’une alliance politique.

Léonce Aguirre

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