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L'entreprise Rio-Tinto Alcan en chômage partiel.

un article de LA DEPECHE du MIDI

Des grilles fermées à l'usine Rio-Tinto Alcan de Beyrède-Jumet. Photo C. S.
Des grilles fermées à l'usine Rio-Tinto Alcan de Beyrède-Jumet. Photo C. S.
Des grilles fermées à l'usine Rio-Tinto Alcan de Beyrède-Jumet. Photo C. S.

À l'entrée de l'entreprise Rio-Tinto Alcan de Beyrède-Jumet, entre Sarrancolin et Arreau, des grilles fermées. Pour toute explication, un minuscule panneau : « Usine fermée ». Des numéros de téléphone sont indiqués en cas de nécessité. On appelle. En ligne, Luc Jalama, le directeur du site, répond que « l'entreprise a recours au chômage partiel jusqu'à samedi, en raison d'une baisse du chiffre d'affaires de 60 à 70 % sur les trois derniers mois ». Il ajoute : « Comme beaucoup d'autres entreprises, nous subissons les effets de la crise mondiale ».

Le directeur du site Rio-Tinto Alcan de Beyrède-Jumet ne cache pas ses inquiétudes quant à l'avenir si le carnet de commandes reste à un niveau aussi bas, mais il tient à préciser que « la fermeture du site n'est pas à l'ordre du jour ».

Rappelons que l'entreprise Rio-Tinto Alcan emploie près de 110 salariés à Beyrède-Jumet et produit du corindon brun qui sert notamment à fabriquer des meules et du papier à gratter.

Hier matin, les représentants du syndicat CGT dans l'entreprise Rio-Tinto Alcan de Beyrède-Jumet ont été reçus par le préfet et le directeur départemental du travail et de l'emploi. Ils voulaient avoir des informations quant aux mesures liées au chômage partiel.

« Il faut passer ce cap difficile. Notre objectif est que les salariés perdent le moins d'argent possible pendant cette période. Une grève ne se justifierait pas à l'heure actuelle car, pour l'instant, il n'y a pas de menace de licenciement ni de fermeture du site », indique Thierry Saint-Hilaire, représentant du personnel. « Le préfet a bien compris que la priorité est de conserver et préserver l'emploi dans le département. Nous avons aussi évoqué comme solution la possibilité de recourir à de la formation professionnelle financée par l'État et l'Europe », ajoute Jean-Marc Brunel, secrétaire du CE, qui explique que dix jours de chômage partiel sont prévus en mai et qu'un CCE est programmé en juin. D'ici là, les syndicats promettent de rester « attentifs » à l'évolution de la situation.


« Ni partir ni mourir »

Beyrède-Jumet. Petite commune de 260 habitants du canton d'Arreau, dont la fierté est une usine : Rio-Tinto Alcan, appelée autrefois Pechiney. Sur la route qui mène à Saint-Lary et à l'Espagne, les voitures défilent. Rien n'indique qu'ici une entreprise connaît des difficultés et est momentanément fermée. Pas une banderole. Personne derrière ou devant les grilles. Sur un mur, juste quelques mots. Quelles lettres que le temps a mises à mal. D'un combat d'avant. Mais toujours présent. Toujours d'actualité. « Ni partir ni mourir ». Signé CGT.

En face de l'usine, on peut lire aussi sur une habitation : « Maison à vendre ».

Il faut monter au village, là-haut perché, pour rencontrer des habitants. Beyrède-Jumet offre des vues magnifiques sur la montagne. Près du café du village, on croise quelques « anciens ».

Certains prennent le temps de discuter. D'autres vaquent à leurs occupations. On aborde la situation de l'entreprise. Un monsieur nous interpelle : « Mais que vont devenir nos jeunes ? »

L'avenir de Beyrède-Jumet et de la vallée, c'est bien de cela dont il est question. L'inquiétude est palpable. Mais ici, on a appris à vivre avec.

« On nous dit depuis tellement longtemps que cette usine va mal qu'on finit par s'y habituer », nous confie un salarié qui confirme des baisses d'activité dans l'entreprise depuis fin 2008 avec une dégradation de la situation depuis le début de l'année.

« Notre peur, c'est la fermeture. On se pose des questions sur les réelles intentions de nos dirigeants », ajoute le salarié.

Pour l'heure, personne ne connaît la suite. Congés, chômage partiel. Et après ?

Beyrède-Jumet s'interroge. Vu de là-haut, certains silences sont encore plus pesants.

Lannemezan. Emploi : Le personnel d'Arkéma redoute le pire scénario

Ils s'interrogent sur l'avenir.

Alain Rotgé, le délégué syndical CGT, à l'entreprise Arkéma de Lannemezan. Photo C. S.
Alain Rotgé, le délégué syndical CGT, à l'entreprise Arkéma de Lannemezan. Photo C. S.
Alain Rotgé, le délégué syndical CGT, à l'entreprise Arkéma de Lannemezan. Photo C. S.

Pas de photo, pas de commentaire. à la sortie de l'usine Arkéma de Lannemezan, beaucoup de salariés préfèrent garder le silence sur la situation de l'entreprise.

Une fois la grille franchie, Olivier accepte toutefois de s'exprimer. « Si la prise de congés ne suffit pas à passer ce cap difficile, on est mal. Si on ne produit pas plus que maintenant, c'est inquiétant », indique l'ouvrier qui reconnaît que « l'on sent la pression monter dans l'entreprise ». « Ainsi, on nous demande d'économiser sur tout, sur le matériel notamment », précise Olivier.

Un peu après, c'est au tour de Michel, 58 ans, de prendre la parole : « C'est la première fois que je vois une telle baisse des ventes. Je suis inquiet pour l'avenir. Beaucoup d'autres usines du groupe sont touchées. Les résultats ne vont pas être bons. Il ne faut pas que cette situation dure trop longtemps. Après cinq jours de congés obligatoires, il pourrait y avoir très vite du chômage partiel », déclare le salarié.

Jean, qui sort à son tour de l'entreprise, fait cette remarque : « On manque d'informations. On se pose beaucoup de questions sur l'avenir ». Philippe, autre salarié, fait le même constat : « Il y a des bruits, mais on ne sait rien officiellement ».

Du côté de la CGT, syndicat majoritaire chez Arkéma, on attend aussi d'en savoir plus de la part de la direction. Alain Rotgé, délégué syndical, souligne toutefois que « le personnel est relativement inquiet ». « On voit venir le coup, mais sera-il réellement porté, on ne sait pas », s'interroge le syndicaliste qui demande s'il est « normal » d'avoir distribué d'importants bénéfices aux actionnaires pour l'exercice 2008 alors que la situation de l'entreprise Arkéma est difficile.

« S'il y a chômage partiel, l'indemnité des salariés ne devra-t-elle pas être compensée à 100 % par les bénéfices réalisés en 2008 ? », questionne Alain Rotgé qui prévient que les syndicats seront vigilants sur la suite.

Rappelons que, dans notre édition d'hier, Daniel Wolff, le directeur du site Arkéma de Lannemezan, n'excluait pas l'arrêt de l'unité d'hydrazine au second trimestre avec pour conséquence du chômage partiel.

 

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