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Résolution générale situation politique et sociale (Version définitive adoptée au congrès de fondation du NPA suite

C. Syndicalisme, mouvements sociaux : se battre pour la convergence des luttes

Le contexte actuel n’est pas seulement celui de la crise économique et sociale mais aussi celui des résistances et des luttes, certes éparpillées mais nombreuses. Dans beaucoup de secteurs, des résistances et des initiatives émergent pour faire face à l'urgence sociale à partir d'un authentique syndicalisme de lutte. Ce sont autant de points d'appui pour redéfinir une stratégie face à l'ampleur sans précédent des attaques multiples et multiformes que subissent les travailleurs et qui démolissent tout modèle social. Ces résistances esquissent de nouveaux rapports de forces et remettent à l'ordre du jour la perspective de la grève générale interprofessionnelle.

Tous les terrains sociaux sont animés de résistances contre l’aggravation des politiques menées par Sarkozy et son gouvernement. Le NPA les soutient activement, en respectant leurs spécificités et leur autonomie. Sans en faire une liste complète, on peut citer les luttes menées pour la défense du droit des femmes (en particulier contre les violences qui leur sont faites), pour les droits des chômeurs, pour la défense et l’extension du service public (éducation, santé, poste, eau…), pour la sortie du nucléaire et la défense de l’environnement, pour le droit au logement, pour celui des précaires, contre la vie chère. Ou encore la lutte contre les discriminations qu’elles soient sexuelles ou racistes. Et depuis quelques semaines, les myriades de luttes pour l’emploi, contre les licenciements, en particulier dans l’automobile.

Dans la défense du droit de séjour des immigrés, RESF a prolongé de nouvelles formes de lutte déjà apparues avec un mouvement comme Act Up, par exemple .

ہ noter aussi la mise en cause des modes de consommation, avec en particulier la contestation de la publicité à la fois dans son extension et son contenu.

Enfin, l’alter mondialisme est toujours actif à travers notamment les forums sociaux européens et mondiaux même si un second souffle doit être trouvé.

Tous ces mouvements sont toujours très vivants, même si leur capacité de mobilisation fluctue. Mais toujours, ils rencontrent une profonde sympathie dans l’opinion, preuve que le refus de la situation imposée par la société capitaliste est profond. Il leur manque le débouché dans un mouvement d'ensemble et trop souvent la volonté de la part de certaines directions d'en fournir l'occasion ou d'en construire les conditions.

 

Le développement du chômage de masse depuis des années, de la précarité, taux de syndicalisation au plus bas, mesures réactionnaires tous azimuts : le mouvement syndical est en crise et est marqué par des reculs majeurs pour le mouvement social.

Une crise dont nous devons bien prendre la mesure car elle hypothèque toute possibilité de mouvement d’ensemble, et contribue à la démoralisation, alors que les travailleurs ont plus que jamais besoin d’un outil pour recréer une solidarité de classe et dans l’unité favorisant leur capacité à peser sur les enjeux stratégiques. Nous ne pouvons nous satisfaire de l'extrême faiblesse actuelle des syndicats. Le mouvement ouvrier est à reconstruire, non seulement sur le plan politique, mais, en même temps, sur le plan social et syndical.

Notre orientation doit contribuer à apporter des réponses. Le chemin que nous soutenons est celui des résistances et des luttes offensives  pour la plupart éparpillées et souvent ignorées, et d’autres enfin qui n’ont pas pris les chemins traditionnels comme celles des précaires, des chômeurs, des sans-papiers, des sans-droits, des mal-logés, de l’hôpital de Carhaix… C’est le chemin inverse qui est pris quand des dirigeants confédéraux prennent la voie de l’institutionnalisation, de l’adaptation aux orientations libérales à l’échelle nationale comme européenne, à la politique de soi-disant « dialogue social » et des « diagnostics partagés » du gouvernement et du Medef. Un sentiment d'exaspération sociale est en train de grandir. En aidant à développer un syndicalisme de lutte de classes, appuyé sur les équipes qui souhaitent une unité de combat, nous nous adressons à l’ensemble des salariés pour :

 - contribuer au combat idéologique, rompre avec la politique de cogestion et d’accompagnement, défendre un syndicalisme dont le double objectif doit être la défense des revendications immédiates et quotidiennes mais aussi la lutte pour une transformation d’ensemble de la société en toute indépendance des partis et de l’ةtat ;

- La démocratie dans les syndicats et dans les luttes, l’auto-organisation. Nous défendons les assemblées générales souveraines, la création de comités de grève, de coordinations pour une représentation démocratique des salariés en lutte, avec des représentants élus et révocables. C'est nécessaire pour que les grévistes et ceux et celles qui luttent, décident, contrôlent réellement leur mouvement et ne soient pas dépendants des directions syndicales. Ces expériences sont indispensables aux opprimés pour prendre en main leur sort et diriger un jour la société.

Il est temps de ne plus gaspiller les potentialités de lutte et l’exaspération en se prêtant au jeu de dupes du dialogue social avec le gouvernement, par la division, les journées de grève saucissonnées, secteur après secteur. Ici et maintenant, nous pouvons réagir ! Prendre appui sur les résistances qui existent dans tous les secteurs, mais dispersées, en favoriser la convergence. Un Tous ensemble, déterminé, unitaire, la généralisation des luttes et des grèves, voilà ce qu’il faut pour battre ce gouvernement et ses contre-réformes !

Le nouveau parti peut être un élément pour la sortie de cette crise. Parmi les militants qui nous rejoignent, beaucoup sont des salariés du privé et du public. Certains sont déjà engagés syndicalement, d'autres n'ont pas trouvé jusqu'à présent de raisons valables de militer dans les organisations syndicales telles qu'elles sont, ou ne le peuvent pas vu leur entreprise et leur contrat de travail.

Face à cette situation, nous pensons que les militants du NPA (quand ils le peuvent) doivent s’investir pour renforcer le mouvement syndical dans les entreprises, les branches professionnelles ou les structures interprofessionnelles. En y développant l’unité entre les salariés malgré les différents statuts, pour y faire vivre la démocratie et un syndicalisme de lutte de classe ainsi que l’unité entre les syndicats.

Dans le respect de la démocratie et de l’indépendance du mouvement syndical, les militants du NPA défendent ces idées à tous les niveaux de leur syndicat, à la base, dans toutes les réunions d'instance et dans les congrès, lorsque cela s'avère possible.

III - Quelles campagnes pour les mois qui viennent ?

III . 1 : Un parti qui agit par lui-même

Le parti que nous construisons est un parti pour les luttes. Dans ce contexte politique et social, nous avons une responsabilité particulière et devons montrer que face à la crise, il y a une gauche qui résiste, une gauche qui fait des propositions. C’est pour cela que, outre une politique unitaire vis-à-vis de l’ensemble de la gauche sociale et politique le NPA mènera dans les mois qui viennent ses propres campagnes comme par exemple :

- pour l’emploi, notamment par l’interdiction des licenciements (retour du CDI comme règle unique du contrat de travail) et le développement des services publics ;

- pour une autre répartition des richesses, par l’augmentation des salaires, des allocations sociales, des pensions, pour une hausse du niveau de la vie ;

- pour répondre à la crise économique et écologique, par l'appropriation des grands groupes de l'énergie et des transports ;

- et pour populariser la nécessité d’un débouché politique pour la réalisation d’un plan d’urgence social,  écologique et démocratique.

Ces campagnes qui serviront de support à notre agitation anticapitaliste doivent se décliner sur plusieurs mois :

- par du matériel adéquat : des tracts thématiques, pouvant être développés sur 4 pages, des argumentaires destinés aux militant-e-s, des campagnes d’affichage donnant une visibilité d’ensemble ;

- par l’organisation de réunions locales autour de la campagne avec la présence d’intervenants nationaux si les comités le souhaitent ;

- par des dossiers spécifiques dans la presse du parti ;

- et si cela est possible par des interventions sur des lieux publics : actions et manifestations dont le NPA peut être à l’initiative, seuls ou en liaison avec d’autres organisations ou secteurs en lutte.

L’objectif de ces campagnes est triple pour le NPA :

Construction du nouveau parti en regroupant plus largement dans le cadre de ces campagnes.

Populariser notre programme, nos propositions, créer le débat à gauche et dans le mouvement social.

تtre actifs dans les luttes et les mobilisations locales ou nationales, Participer, organiser, initier les luttes afin de changer le rapport de forces entre les classes.

III . 2 : Une orientation unitaire pour construire les convergences et gagner !

Face à l’offensive de la droite et du patronat, dans ce contexte de crise sociale majeure, il est indispensable pour le NPA d’être à l’initiative ou de participer à des campagnes unitaires permettant de rassembler toutes celles et tous ceux ainsi que les organisations d’accord pour se mobiliser sur telle ou telle question, tout en défendant publiquement nos positions. D’ores et déjà, nous devons agir pour remobiliser les militants  autour de revendications unifiantes (pas de revenus inférieurs à 1500 euros nets, 300 euros pour tous, tout de suite, arrêt des licenciements et des suppressions de postes dans les services publics…) afin d’ouvrir une perspective pour un mouvement d’ensemble. 

Services publics, éducation nationale

Le Comité national unitaire contre la privatisation de la poste, qui rassemble 50 organisations, a lancé un appel à la création de comités locaux dans tout le pays. Dans de nombreuses régions, des luttes existent en défense des services publics (contre la fermeture d’hôpitaux, par exemple).

Dans les mois à venir, les comités du NPA doivent être partie prenante de la construction d’un mouvement unitaire de masse pour la défense des services publics (par le biais des comités de défense de la poste,  et par les collectifs de défense des services publics…).

Dans l'Education Nationale, les attaques sont multiples : suppressions massives de postes, menaces sur la maternelle, destruction des RASED, stigmatisation des enfants en difficulté, renforcement de la hiérarchie et du flicage... Face à la mobilisation lycéenne du mois de décembre Sarkozy et Darcos ont reculé, suspendant la réforme des lycées. Pour autant les résistances n'ont pas cessé dans l'Education, dans le premier degré notamment. Une des nécessités de l'heure c'est bien de construire un mouvement de masse pour défendre le service public d’Education rassemblant enseignants, parents, lycéens et étudiants… 

Emploi

Dans le contexte de crise, les licenciements sont nombreux et les vagues de licenciements vont se poursuivre dans les mois à venir. Là aussi, des luttes se développent (dans l'automobile entre autres). Aussi se pose la question de la convergence et de la coordination des entreprises en lutte, avec comme perspective une  manifestation nationale pour l'interdiction des licenciements. Les mobilisations pour lutter contre les licenciements doivent s'articuler aussi à celles des chômeurs pour la hausse des minimas sociaux et des indemnités. C'est à cela que les militant-e-s du NPA oeuvreront dans les semaines et les mois à venir. 

Sans-papiers

Les collectifs de soutien aux travailleurs sans papiers se sont développés l'année passée. Ils exigeaient des papiers pour ceux, sans droits, à la merci de leurs patrons. Il est primordial pour les militant-es du NPA, d'aider  à renforcer et à construire ces collectifs unitaires de soutien aux travailleurs sans papiers en lutte, comme de poursuivre notre participation aux Réseaux d'Education Sans frontières, et d'exiger la régularisation de tous les sans papiers. 

Mobilisations contre la guerre et l’impérialisme

Le sommet de l’OTAN début avril à Strasbourg doit être l’occasion d’une manifestation européenne massive contre la guerre et pour le retrait des troupes étrangères d’Irak et d’Afghanistan, pour la rupture avec l’OTAN.

Alors que la remise en cause de la politique française en Afrique reste très largement insuffisante, nous devons participer au mouvement pour l'abolition de la dette et démasquer sans relâche le rôle des troupes françaises sur ce continent, mais aussi contribuer aux actions contre les multinationales françaises, comme la campagne « Areva ne fera pas sa loi » au Niger.

Nous réaffirmons notre soutien aux droits et à la résistance des peuples en lutte pour leur émancipation : soutien à la résistance du peuple palestinien en lutte depuis 60 ans contre l’occupation et l’oppression que lui fait subir l’ةtat israélien. Partageant la légitime colère qui a saisi une part importante de la population en France, le NPA dénonce l'hypocrisie des partis de la droite et de la direction du PS qui refusent de condamner l'agression israélienne, comme d'en tirer les conséquences. Au premier rang de celle-ci, il y a la dénonciation de la complicité de l'Union européenne et la demande d'une rupture des accords d'association avec Israël.

Soutien au peuple tchétchène conquis par les Russes au milieu du XIXe siècle, déporté sous Staline, massacré pendant les deux dernières guerres de Tchétchénie alors que leur proclamation d’indépendance avait été entérinée par des élections libres.

Soutien au peuple tibétain opprimé par la Chine.

Soutien aux Kurdes dont les droits sont bafoués dans tous les pays où ils sont dispersés…

Face à l’Union des oppresseurs de la Méditerranée promue par Sarkozy, nous devons développer le soutien aux luttes sociales et aux prisonniers politiques au Maghreb (emprisonnés de Redeyef/Gafsa, de Sidi Ifni…)

L’Amérique latine est, du point de vue de la résistance au néolibéralisme et de la recherche d’alternatives politiques et économiques, un espace en pleine effervescence. Nous nous associons aux mouvements de solidarité avec tous les peuples latino-américains et nous observons avec une attention particulière et beaucoup d’espoir les processus en cours en Bolivie, ةquateur et Venezuela.

Nous sommes partie prenante des contre-sommets et forums altermondialistes, comme le Forum social mondial de Belém fin janvier 2009 ou le Forum social européen d’Istambul à l’automne 2010.

Climat

Nous participons à la campagne pour imposer d’autres politiques climatiques en vue du sommet de l’ONU qui se tiendra à Copenhague fin 2009. Nous avançons la nécessité de réponses socialement justes, ambitieuses et porteuses d’un projet internationaliste basé sur la solidarité du Nord et du Sud.

Nous participons en ce sens au collectif « Urgence climatique justice sociale » ou tout autre cadre unitaire local.

Initiatives LGBTI

Nous participons activement aux initiatives suivantes : Journée contre l’homophobie le 17 mai, marches des fiertés en juin et juillet, Existrans (marche des trans) en octobre, journée mondiale de lutte contre le VIH/sida le 1er décembre.

Quartiers populaires

Le NPA s’engage dans les quartiers populaires, en poussant à l’auto-organisation, en s’adaptant aux problématiques sociales et politiques de ces quartiers. Le NPA doit inventer un nouveau vocabulaire, différent de celui des médias et des partis politiques institutionnels, et de nouvelles formes de lutte qui permettent aux militants des quartiers populaires de s’inviter sur la scène politique. Le NPA propose des campagnes autour de l’héritage du colonialisme, de l’exploitation des pays du Sud par les pays du Nord, des discriminations, des violences, de l’injustice et des inégalités de traitement des institutions juridiques et policières.

Campagne « jeunes »

Ces dernières années, la jeunesse fait preuve d'une combativité particulière. Presque chaque année, nous assistons à des mobilisations importantes (Contre Le Pen, Guerre en Irak, LMD, Loi Fillon, CPE, LRU, Réforme Darcos...). Au cours de ces mobilisations, une nouvelle génération militante a commencé à émerger. C'est pourquoi, nous devons chercher à organiser massivement des jeunes dans le Nouveau Parti. Pour cela, nous devons proposer des réunions ouvertes du NPA en direction de la jeunesse, mais aussi faire la démonstration au quotidien de l'utilité de l'organisation collective.

Le NPA doit également chercher à élaborer des campagnes en direction de la jeunesse : 

  • Contre la déqualification et la casse de nos diplômes. L'objectif de la classe dirigeante de faire baisser le coût du travail pour augmenter leurs profits, touche de manière encore plus violente les jeunes. Contrats précaires, CDD, Intérim, salaire au SMIC, sont la règle pour les jeunes qui arrivent sur le marché du travail. Mais c'est aussi dès l'école et l'université qu'on cherche à former des salariés moins qualifiés, plus précaires et sans garanties collectives. LMD, Loi Fillon, LRU, réforme des IUFM, réforme du lycée de Darcos ont un objectif commun : réduire le niveau de qualification, soumettre le contenu des diplômes aux besoins immédiats du marché et individualiser les diplômes pour briser les garanties collectives des futurs salariés. La question de notre avenir et de nos futures conditions de travail préoccupe la jeunesse. C'est sur ces questions que nous essayons de déclencher des mobilisations en informant le plus largement possible sur le contenu des réformes, en essayant de rassembler l'ensemble des forces pour appeler à des AG sur les facs et les lycées et à des manifestations. En direction des jeunes travailleurs, nous menons du travail sur la question de la précarité et des salaires. Pour que les mobilisations aillent le plus loin possible et gagnent, les jeunes du nouveau parti défendent l'auto organisation en poussant à la construction de coordinations nationales, d'élection de comités de grève... Dans l'objectif de construire un mouvement d'ensemble, nous défendons que les mouvements de jeunes doivent se lier au reste des secteurs salariés pour pouvoir gagner.
  • Contre la guerre et le sommet de l'OTAN. Cette question a un écho particulier dans la jeunesse où le sentiment anti-guerre est important (Irak, Palestine) et peut entraîner plus largement dans la mobilisation. C'est pourquoi, sur cette question, le NPA doit mener des campagnes particulières en direction de la jeunesse, notamment dans le but d'emmener largement des jeunes à la manifestation et au contre sommet de l'OTAN.

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